La crise de la zone euro freinera la croissance mondiale en 2012

L’OCDE, qui exhorte l’Europe à une action rapide et efficace, prévoit une phase de légère récession dans l’union monétaire
Violaine Le Gall

La croissance en 2012 dépendra largement de l'évolution de la crise de la zone euro. L’OCDE prévoit une progression de 3,4% du produit intérieur brut mondial l’an prochain, contre une précédente anticipation de 4,6%. La zone euro «reste la principale menace pesant sur l'économie mondiale», a prévenu hier l’organisation, qui présentait ses perspectives économiques.

D’après l’OCDE, la croissance y ressortira à 0,2% en 2012, contre 2% attendus pour 2012 en mai dernier. «La zone euro va traverser une phase de légère récession», prévient Pier Carlo Padoan, chef économiste de l’OCDE. Mais les départements de recherche économique de banques sont plus pessimistes. Morgan Stanley et Barclays Capital tablent à présent sur une contraction de 0,2% du PIB de l’union monétaire l’an prochain. Deutsche Bank vient même d’abaisser sa prévision à -0,5%. «L’incapacité des autorités européennes à trouver une solution à la crise de la dette souveraine signifie que les risque à la baisse se matérialisent», expliquent les économistes de la banque allemande.

Pour éviter le pire, l’OCDE exhorte à une action rapide. «L’horizon ne s’éclaircira que si des mesures décisives sont prises rapidement», prévient Pier Carlo Padoan qui demande une augmentation substantielle des capacités du FESF et plus de «latitude pour mobiliser les ressources de la BCE» afin de «faire barrage au risque de contagion».

La capacité des Etats-Unis à s’engager dans un programme budgétaire crédible jouera aussi sur la croissance mondiale. Dans le scénario du pire de Morgan Stanley qui comprend des mauvaises nouvelles des deux côtés de l’Atlantique, la croissance mondiale tomberait à 1,9%, l’activité baisserait aux Etats-Unis sur la majeure partie de l’année et la zone euro serait en récession sur l’ensemble de 2012. «Nous craignons que les décideurs ne prennent pas la mesure de l’urgence à adopter des initiatives résolues pour parer aux risques réels et grandissants qui menacent l’économie mondiale», ajoute Pier Carlo Padoan.

Reste à savoir si les dirigeants européens qui se réuniront le 9 décembre prochain, seront sensibles aux alertes, sous forme de prévisions, lancées hier par l’OCDE et par plusieurs économistes de banques.

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