La crise de la dette souveraine remet en cause la régulation
La crise financière se prolongeant, les professionnels de la finance s’inquiètent des effets contreproductifs de la régulation. Car celle-ci a été bâtie sur l’idée que les obligations souveraines étaient sûres, un postulat qui a fait long feu. En matière de régulation «on a pratiquement eu tout faux» a asséné Jacques de Larosière, président d’Eurofi et auteur d’un rapport qui a inspiré la nouvelle supervision financière européenne, lors des deuxièmes rencontres annuelles de L’Agefi sur la régulation jeudi dernier.
Bâle 3 prévoit deux ratios de liquidité - un à court terme (LCR) censé s’appliquer en 2015 et un à long terme (NSFR) prévu pour 2018 – qui inquiètent particulièrement. «Les prêts à long terme de l’économie vont énormément souffrir de cette absurde formulation de la règle de liquidité à moyen terme», assène l’ancien gouverneur de la Banque de France. Benoît Coeuré, numéro deux du Trésor et pressenti pour remplacer Lorenzo Bini Smaghi au directoire de la BCE a lui aussi plaidé pour une révision des ratios de liquidités. Car le LCR, contraint les banques à se désengager de certaines activités, à commencer par le crédit-export.
Même s’il n’est pas question de remettre en cause ces deux ratios ni de les remettre complètement à plat, «il y a sans doute des éléments à recalibrer», a reconnu Sylvie Mathérat, directeur général adjoint opérations à la Banque de France et membre du Comité de Bâle. La crise a conduit à reconsidérer le caractère sûr et liquide des obligations souveraines. Or, selon le LCR, celles-ci sont censées constituer une grande partie des actifs liquides destinés à assurer contre les retraits de cash cumulés sur 30 jours (voir l’Agefi du 2 décembre 2011).
Les assureurs aussi s’inquiètent de la réévaluation du risque souverain. Denis Duverne, directeur général délégué d’Axa a souligné que l’écartement des spreads souverains a démontré la volatilité de la marge de solvabilité des compagnies. Et la régulation n’arrange rien. Selon lui, l’Autorité de contrôle prudentiel étudierait la possibilité de revoir les exigences en capital pour les obligations souveraines dans les modèles internes des sociétés. Si Solvabilité 2 décourage à la fois l’investissement en actions et en obligations d’Etat «on ne va plus très bien savoir où investir», explique-t-il.
Plus d'articles du même thème
-
Le recul de l'activité s'atténue dans la zone euro en juin
L'indice PMI composite de la zone euro est remonté à 49,5 en juin, contre 48,5 en mai, selon les données provisoires publiées par S&P Global et la Hamburg Commercial Bank. Le repli de l'activité s'est en revanche accentué en Allemagne. -
Heineken opte pour une direction hors-les-murs pour tonifier ses ventes
Le brasseur nomme Rafael Oliveira, en tant que nouveau PDG. Avec le choix de ce profil externe, issu du secteur du café, le néerlandais espère trouver la bonne recette de sa relance commerciale. -
Un vent de consolidation souffle sur les marchés asiatiques
Avec un plongeon de près de 10 % avant la suspension des échanges, la Bourse de Séoul subit, à travers le Kospi, des prises de bénéfices massives sous l'effet de dégagements dans les semi-conducteurs, très en vue ces derniers mois avec la flambée de l'IA. A Wall Street, les futures sont mal orientés -
Derrière l'essor des obligations convertibles, une mutation profonde de la classe d'actifs
Ce compartiment est ainsi passé d'environ 350 milliards de dollars il y a quatre ans à plus de 620 milliards aujourd'hui, retrouvant des niveaux inédits depuis le début des années 2000, calcule Nicolas Crémieux, responsable des obligations convertibles chez Mirabaud Asset Management. La fièvre de l'IA y joue un rôle. Elle n'est pas le seul facteur. -
Tirées par l'électrique, les ventes de voitures neuves continuent à augmenter en Europe
Elles ont progressé de 3,2% en mai et grimpent de 4% depuis le début de l'année. Les motorisations hybrides et électriques progressent fortement tandis que les constructeurs chinois poursuivent leur percée. -
EXCLUSIFLe label ISR se réforme pour les fonds immobiliers
Quatre ans après le lancement de sa déclinaison pour les fonds immobiliers, le label Investissement Socialement Responsable se réforme. Le nouveau référentiel sera consultable par tous durant l'été avant sa présentation à Bercy. 170 fonds grand public sont aujourd'hui labellisés.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- L'AFG propose d'introduire une dose de capitalisation dans les retraites complémentaires du privé
- Le programme Tibi 3 vise 15 milliards d'euros d'investissements dans la tech
- La justice française rejette la restitution de retenues à la source sur dividendes pour des « pools » de fonds
- La Caisse des dépôts investit dans un fonds monétaire Ucits tokenisé
Contenu de nos partenaires
-
Oser : la dernière planche de salut des démocraties
Ciblée par Donald Trump, Giorgia Meloni a imposé une posture inédite en Europe, interrogeant notre capacité à riposter face aux autocrates -
Des rosés pour l'été
Alors que l'été commence sur un mode caniculaire, les rosés ont plus que jamais leur place parmi les vins à consommer avec modération. Alliant arômes fruités et fraîcheur, ces vins du sud sont en effet conçus pour être bus jeunes, frais ou même très frais. L'Opinion a sélectionné quelques cuvées parmi les plus agréables dans une gamme de prix élargie. -
Altrad : une enquête pour fraude fiscale ouverte, le siège du groupe perquisitionné
Le groupe montpelliérain Altrad fait l’objet d’une enquête préliminaire pour fraude fiscale aggravée et blanchiment. Des perquisitions ont notamment été menées au siège de l’entreprise