La crise de confiance déclenchée par Theresa May s’aggrave
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Philippe Mudry
Le Premier ministre britannique Theresa May peut mesurer à quel point les effets de tribune se payent cher sur les marchés.
Elle a déclenché une crise de confiance qui, si elle n’y prend garde, peut devenir dangereuse.
Quand on regarde les effets du vote fatal du 23 juin, on est pafois abusé par la réaction de la Bourse.
Depuis quatre mois, le FT100, le grand indice de la bourse de Londres, a gagné 10%. Dès lors, où est le problème ?
Mais on oublie de considérer qu’exprimé en grandes devises étrangères, en euros par exemple, ce même indice a perdu entre 7 et 10%.
C’est qu’entretemps, la livre s’est effondrée, de plus de 16% contre l’euro depuis le vote.
Et les récents propos martiaux de Madame May laissant prévoir un « hard Brexit » ont accéléré le mouvement.
Or il peut rapidement s’avérer désastreux.
La Grande Bretagne accumule en effet les déficits de sa balance des paiements et dépend donc de l’étranger pour se financer.
La chute de la livre reflète l’effet prévisible pour les investisseurs d’un « hard brexit » sur la qualité future des actifs britanniques en les dépréciant de facto, et renforce les pressions inflationnistes importées.
Le résultat, c’est une hausse des taux longs, très forte ces derniers jours. Depuis le creux d’août, les taux à 10 ans ont doublé.
Si le phénomène s’aggrave, le coût à supporter pour l’économie britannique peut s’avérer prohibitif.
Le Royaume Uni doit très vite s’attacher à redonner confiance aux investisseurs dont les choix commandent si fortement son devenir économique.
Ce ne sera pas facile car le mouvement de baisse des taux s’est interrompu.
Depuis l’été, une remontée est notable partout, moins spectaculaire qu’outre-Manche, mais bien réelle quand même.
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