«La crainte des marchés, indéniable, est celle d’un scénario déflationniste»
Romain Boscher, directeur mondial des gestions actions chez Amundi
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Bruno de Roulhac
- L’Agefi: La forte baisse des marchés actions vous incite-t-elle à abaisser vos prévisions ?
- Romain Boscher: Notre scénario central est maintenu. Il est bâti sur une hypothèse de reprise, poussive en Europe, mais de reprise tout de même. La dynamique bénéficiaire se nourrira a priori de deux facteurs exogènes très favorables, le niveau de l’euro et des taux d’intérêt. Ces baisses apportent un surplus de profitabilité significatif, après diffusion dans les comptes de résultats. L’impact positif (nous en attendons plus de 10%) sera réellement visible dans trois ou quatre trimestres. Maintenant, la crainte des marchés, indéniable, est celle d’un scénario déflationniste.
- Sommes-nous confrontés à un risque de « japonisation » préjudi-ciable pour les marchés ?
- Oui, le risque de déflation est réel avec des conséquences fâcheuses. Partant d’une inflation voisine de zéro, le moindre choc exogène nous fait plonger en déflation. La forte correction des matières premières, pétrole en tête, en temps normal bien accueillie, est aujourd’hui source de stress car ravivant la probabilité de déflation. Or, une déflation pèse sur les perspectives bénéficiaires et amène une révision en baisse des multiples de valorisation, c’est la double peine. La probabilité de ce scénario alternatif joue donc un rôle majeur dans le prix d’équilibre des actions, comme pouvait le faire le risque d’éclatement de la zone euro en 2011. Nous serions plus comparables au Japon de 2012 que de 1990. En clair, la banque centrale est déjà à la manœuvre pour lutter par tous ses moyens, y compris non orthodoxes, contre ce phénomène. Cela devrait inflater au passage le prix des actifs, ce qui est de meilleur augure pour les Bourses.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
Le Panel Actions peine à suivre la nouvelle progression des Bourses américaine et japonaise en mai. Le CAC 40 et l’Euro Stoxx 50 pourraient gagner 2,6% à six mois et au moins 5% en un an. Wall Street ne gagnerait que 3% en un an.
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs.
A Strasbourg, l'assemblée générale annuelle de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, le navire amiral du groupe, est une grand-messe destinée à mobiliser les élus et les salariés. Le digital, l'IA et la concurrence des néobanques ont émaillé tous les discours.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
Les marchés actions ont effacé la correction de mars pour repartir à l’assaut des sommets, notamment Wall Street, portés par une vague de bénéfices exceptionnels et une forte révision à la hausse des perspectives, grâce à l’IA. Mais cette euphorie ne doit pas occulter les nombreux risques encore à l’œuvre.
Le fonds coté multi-actifs géré activement vise à offrir une diversification du capital à long terme, au-delà des actions et obligations traditionnelles.
La justice va désormais prendre le relais de la police pour juger les casseurs. L’an dernier, Gérald Darmanin avait jugé les peines « pas à la hauteur »