La courbe des taux américaine est un frein à la remontée des taux longs
Un resserrement de politique monétaire est rarement favorable aux marchés obligataires. Le programme de «quantitative easing» de la Fed avait probablement permis de réduire de près de 100 à 150 points de base le taux du 10 ans américain. Sa fin fait craindre à beaucoup un retour rapide de ce taux vers les 3% à 3,5%, niveau qui a prévalu pendant la majeure partie de 2011. Plusieurs facteurs sont cependant de nature à freiner cette hausse.
Le premier est que le marché, si l’on se réfère aux futures sur Fed Funds, ne s’attend pas à une remontée des taux directeurs avant 2015. Un taux de chômage inférieur à 6,5% est l’une des conditions énoncée par la Fed pour amorcer une telle hausse et seule une croissance économique plus forte qu’attendu la contraindrait à avancer son timing. Le graphique ci-contre montre aussi que la pente de la courbe des taux - mesurée par le différentiel entre les taux à 10 et 2 ans - est déjà très forte, avec un écart de près de 2%. Cet écart est consistant avec une croissance du PIB de 2,7% ou plus en 2014. Si les Fed Funds demeurent stables l’an prochain, le taux à 2 ans ne devrait pas remonter fortement et la marge de hausse des taux à 10 ans serait ainsi contrainte.
Enfin, le risque de faire replonger l’économie américaine ne peut être négligé. Si la Fed se réjouit de limiter l’effervescence des marchés, elle constate que la remontée des taux obligataires a déjà entraîné une hausse des taux des emprunts immobiliers, au plus haut sur deux ans. Même si à ce stade les mouvements de marché et la montée des taux des crédits hypothécaires ne sont pas de nature à compromettre la reprise, cela pourrait changer si la purge obligataire devait s’accélérer. Prudente, la Fed fera donc tout pour éviter une brusque accélération à la hausse des taux longs.
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