La Cour des comptes doute que la France ramène son déficit sous les 3% du PIB
La Cour des comptes dénonce une fois de plus la gestion des finances publiques par le gouvernement. Dans leur rapport annuel présenté hier, les magistrats de la Cour rappellent que l’exécutif n’a pas tenu ses engagements en matière budgétaire au cours des années précédentes. Surtout, ils doutent que le gouvernement parvienne à ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB en 2017, en raison de la baisse de l’inflation et faute d’avoir bien étayé son plan d'économies.
Cette analyse est rendue alors que la Commission, sous la pression de laquelle le gouvernement a déjà dû revoir son dernier budget, rendra son avis sur la trajectoire budgétaire de la France à la fin du mois. Dans ce contexte, «la confiance dont jouit notre pays dans les instances politiques, économiques et financières, aux niveaux européen et international, n’est pas infinie», a prévenu le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, «elle est étroitement liée à la crédibilité de sa politique budgétaire». Et le magistrat de dénoncer un «décalage (…) entre les annonces, les engagements et les résultats réellement obtenus».
Le rapport annuel met en évidence les dérapages successifs des prévisions d’évolution des finances publiques en 2013 et 2014. La Cour des comptes souligne que le déficit budgétaire ne s’est pas résorbé l’année dernière par rapport à l’année précédente alors qu’il baisse dans la plupart des pays de l’Union européenne. Officiellement prévu à 4,4% du PIB à la fin de l’année 2014 (le chiffre définitif pourrait être un peu meilleur qu’annoncé) alors qu’il équivalait à 4,1% du PIB en 2013, le déficit est largement supérieur à celui qui était prévu dans le premier budget 2014: 3,6%.
Le gouvernement risque bien de revenir sur son engagement de ramener le déficit à 4,1% en 2015 et de le faire passer sous la barre des 3% en 2017, selon la Cour des comptes. Il a promis en avril dernier de réaliser 21 milliards d’euros d’«économies»… par rapport à l’évolution haussière de la dépense publique. «En pratique, les conséquences attendues de la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales demeurent hypothétiques : rien ne garantit qu’elles se traduiront par des réductions de même ampleur des dépenses locales», prévient notamment Didier Migaud. La Cour souligne par ailleurs que le dernier budget base ses prévisions de recettes sur une inflation à 0,9% alors que, selon la Commission, celle-ci devrait être quasi nulle en 2015 dans l’Hexagone.
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