La Corée du Sud s’arme d’une taxe pour défendre sa stabilité économique

Craignant de nouveaux retraits massifs de liquidités dans le futur, les autorités du pays ont décidé de taxer la dette détenue par les banques étrangères
Patrick Aussannaire

Sous la menace militaire de son voisin du Nord, la Corée du Sud garde le cap. La quatrième économie d’Asie a annoncé son intention d’imposer une taxe sur les emprunts en devises étrangères. Cette mesure, qui vise à contenir les afflux de capitaux, devrait être applicable au deuxième semestre 2011.

Profitant de la bénédiction accordée par le FMI aux économies émergentes pour lancer toute politique visant à réduire l’afflux de capitaux étrangers, les autorités sud-coréennes ont décidé de taxer la dette libellée en devises étrangères des banques locales et des succursales de groupes bancaires étrangers installés dans le pays si son montant est supérieur à celui des dépôts. Ces mesures pourront être étendues à l’ensemble des institutions financières si besoin.

Si pour le moment le taux de la taxe n’a pas encore été fixé, le gouvernement évoque trois niveaux d’imposition selon la maturité. Un taux de 0,2% pour la dette de court terme, de 0,1% pour la dette à moyen terme et de 0,05% pour la dette de long terme, qui devraient rapporter au total 240 millions de dollars par an. Les banques devront s’acquitter de cette taxe en dollars, afin que son bénéfice soit alloué à un fonds servant à fournir des liquidités en cas de crise future, et investi dans des actifs étrangers sans risque d’ici là.

La faiblesse des taux aux Etats-Unis, en Europe et au Japon poussent les investisseurs, à la recherche de rendements plus attractifs, à se tourner vers les pays asiatiques. Fin octobre, le montant total de dette étrangère détenu par les banques locales avait atteint quelque 168,9 milliards de dollars, alors que celui détenu par les filiales locales de banques étrangères se montait à 104,6 milliards. Pour l’heure, ce montant est couvert par les 290 milliards de dollars de réserves de change du pays.

Plus que d’une appréciation du won qui est un bon rempart contre les pressions inflationnistes, les autorités craignent que l’histoire des crises de 1997-1998 et 2008, qui virent de sévères retraits de liquidités en devises étrangères, ne se répète une fois les mesures d’assouplissement monétaire de la Fed abandonnées. La Corée avait déjà annoncé son intention de limiter les positions des banques en devises étrangères, et de ressusciter la taxe de 14% sur les achats d’obligations d’Etat par les investisseurs étrangers.

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