La Corée du Sud déclare la guerre à l’inflation
La banque centrale de Corée a pris les marchés par surprise cette nuit en annonçant une hausse de 25 points de base de ses taux directeurs à 2,75%. Il s’agit de la troisième hausse de même ampleur, après celles intervenues en juillet et en novembre 2010, faisant elles-mêmes suite à 16 mois de gel des taux à un niveau plancher de 2%. Un mouvement qui a fait grimper le won de 0,7% à 1.111,6 dollars.
Cette hausse constitue un soutien appréciable aux mesures prises par le gouvernement afin d’enrayer la hausse des prix à la consommation qui a atteint 3,5% en décembre dernier, tirée par la hausse des prix alimentaires et de l’énergie. Le rythme annuel de hausse des prix à la production a même atteint 5,3% en décembre, ce qui laisse à penser que les producteurs devraient encore répercuter de nouvelle hausse de prix pour les consommateurs dans les mois à venir. Le président coréen, Lee Myung Bak, a déclaré «la guerre à l’inflation», et pris un train de mesures allant dans ce sens. Le gouvernement a ainsi annoncé mardi que l’offre de seize biens de consommation alimentaire courante serait augmentée en moyenne de 70% avant les fêtes de la nouvelle année lunaire qui ont lieu les 2 et 3 février. Utilisation des stocks, hausse des importations ou baisse des coûts constitueront des mesures complémentaires.
Si les pressions inflationnistes restent circonscrites aux seuls prix alimentaires et énergétiques, le poids des dépenses alimentaires dans le budget des consommateurs coréens est supérieur à 80% en moyenne. Dans ce contexte, la hausse de 21% des produits frais en 2010, avec des hausses de 300% à 400% de certains légumes intervenues en avril et octobre, a eu un effet extrêmement pénalisant sur la consommation intérieure. Les économistes estiment en effet que le développement de la demande intérieure constitue un enjeu majeur pour la pérennité de la croissance dans les pays émergents. Or, la hausse des prix leur fait prendre beaucoup de retard en la matière.
Alors que les Etats-Unis et la zone euro conservent des taux extrêmement bas et malgré les craintes de hausse des devises, la région Asie-Pacifique semble s’engager dans un mouvement de durcissement de ses conditions monétaires. La Thaïlande a ainsi également relevé ses taux pour la quatrième fois en 7 mois hier, la Chine a augmenté ses taux d’intérêt en décembre, tout comme Taïwan.
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