La contraction du PIB britannique réduit les chances d’un durcissement monétaire de la BoE
«La poussée actuelle de l’inflation est temporaire et la hausse des prix ralentira l’année prochaine». C’est ce qu’a déclaré mardi Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE). Le banquier central a annoncé que l’inflation outre-Manche s'établirait entre 4 et 5% ces prochains mois avant de chuter en 2012. Il a justifié son niveau élevé actuel par la hausse des prix des biens importés, de l’énergie et de la TVA. Mervyn King a aussi insisté sur les pressions déflationnistes à l'œuvre outre-Manche, mettant en avant la baisse des salaires réels en 2010.
Ce discours affaiblit l’idée d’une hausse des taux, qui avait récemment refait surface à l’occasion de la publication d’une inflation à 3,7% en décembre, après 3,3% en novembre et contre une cible de 2%. Il désamorce aussi le ton plus restrictif des minutes de la réunion de la BoE des 12 et 13 janvier. Publiées hier, celles-ci indiquent que deux membres, et non plus un seul, ont voté en faveur d’une hausse de 25 pb des taux. Six ont défendu le statu quo et un membre a appelé à un relèvement de 50 milliards de livres du programme d’achats d’actifs, à 250 milliards. Mais le compte rendu ne tient pas compte de la contraction de 0,5% du PIB au dernier trimestre 2010, dévoilée mardi.
«Les minutes montrent qu’en faisant abstraction des effets probables de la neige en décembre et de la hausse de la TVA en janvier [de 17,5 à 20%, ndlr], les données étaient encore cohérentes avec une croissance autour de sa moyenne historique au deuxième semestre 2010 et début 2011, note Crédit Agricole CIB. Mais même en tenant compte des difficultés météorologiques en décembre, la croissance est ressortie beaucoup plus faible qu’anticipé.»
CA CIB estime que la faiblesse du PIB au trimestre dernier a nettement réduit les chances d’un durcissement monétaire dans un futur proche. La banque ne voit pas la BoE relever ses taux avant le dernier trimestre 2011. Pour HSBC, l’institution n’agira pas avant le premier trimestre 2012. D’ailleurs, les anticipations d’inflation à 10 ans, qui avaient touché les 3,22% début janvier, s'élevaient hier à 3,14%. Le marché des taux n’anticipe plus qu’une hausse des taux d’ici à 12 mois de 50 pb, contre 65 pb la semaine dernière. Les chiffres de janvier et le rapport d’inflation de février pourraient encore changer la donne.
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