La compensation obligatoire des dérivés est reportée à mi-2014 en Europe
La compensation des produits dérivés échangés de gré à gré, demandée par le G20, ne deviendra pas obligatoire avant l’été 2014. C’est ce qu’a annoncé la patronne de l’autorité européenne de régulation des marchés financiers (Esma), Verena Ross, lors d’une conférence à Londres mardi.
Les règles concernant la compensation des produits dérivés sont issues du règlement Emir, qui est officiellement entré en vigueur cet été. En septembre, l’Esma a déjà publié une série de standards techniques sur les conditions dans lesquelles devront être compensés les dérivés. La Commission européenne, puis le Parlement européen et le Conseil doivent encore les approuver d’ici au printemps prochain.
Cependant, l’Esma consultera à nouveau les spécialistes des dérivés avant de publier de nouveaux standards sur les types de contrats qui seront obligatoirement compensés. Et, avant que cette obligation soit effective, les chambres de compensation devront être enregistrées et être autorisées à compenser les dérivés. Autant d’étapes, qui reportent l’entrée en vigueur de «la première obligation de compensation» à l'été 2014, selon Verena Ross.
La directrice de l’Esma a expliqué que la publication de la seconde série de standards avait été décalée pour s’assurer que les régulations des différentes juridictions seraient cohérentes et n’ouvriraient pas la voie à des arbitrages réglementaires.
Les représentants de l’Union européenne, des Etats-Unis, du Brésil, du Japon, de Hong Kong, du Canada, de Singapour et de la Suisse se sont réunis le 28 novembre dernier pour débattre de ces sujets. Dans un communiqué publié mardi dernier, ils se sont engagés à coopérer pour limiter les règles contradictoires ou redondantes, éviter les arbitrages réglementaires et rendre les calendriers de mise en œuvre compatibles.
Les juridictions s’engagent, à chaque fois que l’une d’entre elles décide de rendre la compensation d’un type de dérivé obligatoire, à se consulter et à réfléchir à imposer la même exigence chez elles. Les autorités proposent aussi de voir si leurs régulations sont équivalentes pour éviter de multiplier les contraintes imposées aux acteurs, par exemple en termes d’enregistrement.
Reste, entre autres, à déterminer quelle régulation s’appliquera aux transactions conclues entre des parties appartenant à des juridictions différentes. Les régulateurs se sont donné rendez-vous en janvier prochain pour évoquer de nouveau ces sujets.
Plus d'articles du même thème
-
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs. -
L’actionnariat salarié séduit plus que jamais entreprises et collaborateurs
Un nouveau record a été enregistré l'an dernier avec 4,4 milliards d’euros de souscriptions, pour 37 opérations. Le taux de souscription à l’international atteint pour la première fois les 30%. La souscription moyenne en France touche un plus haut à 5.333 euros. -
L’inflation chinoise reste élevée en mai à cause du coût de l’énergie
L’évolution des prix à la consommation reste contrastée entre les denrées alimentaires toujours en baisse et les transports qui continuent d’augmenter, mais l’inflation des prix à la production est au plus haut depuis quatre ans. -
La Zambie boucle un rachat de dette polémique
L’offre sur les obligations indexées sur la performance économique du pays a été relevée après l’opposition de certains créanciers. Ce précédent, s’il ne marque pas la fin de cet instrument de dette, utile dans les restructurations, suggère que des améliorations sont nécessaires. -
ING se rallie au modèle par abonnement prisé des néobanques
La banque néerlandaise, dont les revenus sont très majoritairement générés par la marge nette d'intérêt, veut faire basculer sa proposition commerciale dans la banque de détail en proposant des abonnements à des prestations de divertissement et d'agrément.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Lumière crueCoupe du monde de football : Christophe Gleizes accrédité pour maintenir la pression sur l'Algérie
Les soutiens du journaliste sportif français, toujours emprisonné, ont obtenu le soutien de la FIFA -
FédérationsLR : Retailleau consolide son emprise sur le parti
Si le président de LR n’est pas parvenu à se débarrasser de tous ses détracteurs, il a marqué des points lors du renouvellement des cadres du parti -
MaréeLes ministres se bousculent chez Edouard Philippe
Catherine Pégard, Jean-Pierre Farandou, Mathieu Lefèvre, Aurore Bergé se seront rendus au Havre en juin