La Commission européenne ne croit pas aux prévisions de croissance de la France
Ses prévisions sont inférieures à celles du gouvernement. Elle n’exclut pas que l’Europe puisse plonger en récession même si ce n’est pas son hypothèse centrale
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Solenn Poullennec
La Commission a pris acte de la crise en révisant à la baisse ses prévisions de croissance jeudi dernier. Elle qui pariait encore au printemps dernier sur une croissance de 1,8% en 2012 pour la zone euro table désormais sur 0,5%. L’année 2013 devrait être légèrement meilleure avec une activité en hausse à 1,3%. «Nous ne prévoyons pas de récession dans notre scénario de base. Mais la probabilité d’une période de stagnation prolongée est très élevée», constate l’institution européenne.
Elle souligne aussi que «compte tenu du haut degré d’incertitude concernant les décisions politiques, une récession profonde et prolongée complétée par une agitation continue sur les marchés ne peut pas être exclue.» Le taux de chômage devrait rester élevé.
Aucun pays n’échappe à la morosité ambiante. En Allemagne, la progression du PIB passe à 0,8% pour 2012 contre 1,9% au printemps. Bruxelles qui escomptait encore une croissance de 2% pour l’Hexagone au début de l’année l’anticipe désormais à 0,6%, contre 1% annoncé par le gouvernement français.
Pour 2013, la Commission prévoit une croissance de 1,4% contre 2% pour le gouvernement. Le ministre de l’Economie François Baroin a immédiatement réagi dans un communiqué en affirmant que «l’engagement de ramener le déficit à 3 % du PIB en 2013 puis à l’équilibre en 2016 sera tenu».
Selon lui, les mesures de rigueur annoncées la semaine dernière porteront leurs fruits jusqu’à cette date. Par ailleurs, 6 milliards d’euros ont été mis en réserve dans le budget de 2012 pour faire face à une progression de l’activité inférieure à 1%. Passant outre les élections présidentielles, François Baroin affirme que le budget 2013 comptera aussi ce type de réserve.
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