La Commission enterre l’idée d’un réseau de petites agences de notation
Même si le nombre de petites agences de notation reconnues en Europe ne cesse de croître, l’idée qu’elles pourraient créer un réseau, avec l’aide de l’Union, pour peser face aux géants du marché que sont Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch, ne fait pas recette. Dans un rapport publié à ce sujet la semaine dernière, la Commission note que les petites agences ne voient pas vraiment l’intérêt de ce type d’organisation.
Aux yeux de Bruxelles, l’idée d’un réseau est pourtant séduisante sur le papier. L’un de ses objectifs, très souvent répété ces dernières années, est «d’améliorer la concurrence sur le marche concentré des agences». Le régulateur européen des marchés, l’Esma, a enregistré 23 agences à ce jour mais «ces nouveaux acteurs de marché restent souvent petits en termes de champ d’action et de zone géographique d’implantation», note la Commission.
Dans le court rapport commandé par les législateurs, la Commission se penche d’abord sur l’intérêt de développer un «réseau intégré». Il consisterait par exemple à partager l’information nécessaire à l’élaboration des notes ou à développer des méthodologies communes. Les consultations ont cependant eu raison de cette idée. Les agences de taille plus petite travaillent souvent sur des niches et ne voient pas l’intérêt de se concerter entre elles. La Commission note aussi que le développement d’un réseau intégré pourrait poser des problèmes de concurrence et, s’il devait être soutenu par l’Union, pourrait aussi coûter jusqu’à 2 millions d’euros par an.
Bruxelles a également réfléchi au développement d’un «réseau coopératif». Les agences pourraient par exemple échanger sur leurs «meilleures pratiques» ou sur les difficultés de mise en œuvre de la réglementation. Là encore les plus petites agences ne se sont pas montrées enthousiastes. Elles ont déclaré qu’elles préfèreraient plutôt rester en contact régulier avec la Commission pour s’assurer que la régulation est adaptée à leur modèle économique.
Le rapport retient cette idée et préconise seulement d’attendre que la dernière régulation sur les agences, entrée en vigueur l’année dernière, ait porté tous ses fruits pour reposer la question d’un réseau de petits acteurs. A la suite de la crise, l’Union a adopté trois régulations sur les agences. Désormais placées sous la supervision de l’Esma, elles sont censées être plus transparentes sur leurs méthodes et leurs conflits d’intérêt. L’idée, un temps défendue par la Commission, d’une rotation généralisée des agences a été abandonnée.
Plus d'articles du même thème
-
Le Japon prépare un plan de relance massif financé par le public et le privé
C’est un plan de 2.300 milliards de dollars qui devrait s’étaler sur 14 ans et qui mise sur l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, la robotique, la défense… L’Etat devrait en financer une petite moitié, le reste viendrait du privé. Les investisseurs sont partagés. -
La Cour suprême conforte l’indépendance de la Fed
La Cour a rejeté, à une voix près, la tentative de Donald Trump de débarquer la gouverneure de la Fed Lisa Cook. C’est un nouvel échec de la croisade que le président des Etats-Unis mène contre la banque centrale. -
La «chipflation» fait frémir les géants de la tech
Les constructeurs du Mac et de la Xbox subissent la flambée des prix des puces mémoire, qui les contraint à augmenter brutalement leurs prix de vente pour tenter de préserver leurs marges. L’exercice sera plus difficile pour des petits acteurs de la tech. En parallèle, les grands fabricants sud-coréens de composants de mémoire lancent un vaste plan d’investissement. -
Econocom réalise un quadruplé dans le financement Schuldschein
Si le financement émis en 2025 avait pour objectif de soutenir la croissance organique du groupe, le placement privé de 240 millions bouclé en juin sera notamment utilisé pour allonger la maturité de la dette. -
Fortum renforce son maillage des marchés nordiques de l’énergie
Le groupe finlandais prévoit de lancer une offre d’achat d’environ 450 millions d’euros sur le fournisseur d’électricité norvégien Elmera. -
Annulations d’événements, la canicule coûte cher aux assureurs
Les annulations d’événements en cascade du week-end des 27 et 28 juin pour raisons climatiques vont coûter plusieurs dizaines de millions d’euros aux assureurs grands événements. Si d’autres épisodes comme celui-là devaient avoir lieu durant l’été, les conséquences pour le marché seraient sévères.
ETF à la Une
Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Sycomore atteint les 10 milliards d’euros d’encours
Contenu de nos partenaires
-
Sébastien Lecornu tire un premier bilan de la canicule historique
Le premier ministre a dressé lundi un premier bilan contrasté de la canicule historique, saluant la résilience des services publics mais pointant la fragilité des plus isolés et des hôpitaux face à un risque climatique désormais permanent -
Mirage
Présidentielle : des Français sans illusions
Près de deux Français sur trois ne croient pas que les scrutins présidentiels, puis législatifs permettront au pays de retrouver des repères politiques stables. Selon eux, le travail et l'entreprise ont un rôle à jouer pour « faire société » -
Sondage exclusifValeurs, repères républicains, principes... : « Le sentiment d’une fuite en avant traverse la société française »
A l'occasion des Rencontres économiques d'Aix, les 2, 3 et 4 juillet, dont le thème général est « naviguer dans un monde sans repères », un sondage Odoxa pour Comfluence sur les repères dans la société française révèle que 62 % des Français ne croient pas que 2027 permettra de rétablir des repères politiques stables