La Commission demande à la France plus d’efforts pour assainir ses finances

Elle met notamment l’accent sur la réduction des dépenses de sécurité sociale et des collectivités
Solenn Poullennec
Pierre MOSCOVICI, ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur. Photo:REA
Pierre MOSCOVICI, ministre de l’Économie, des Finances et du Commerce extérieur. Photo:REA  - 

Le nouveau président français a du pain sur la planche pour convaincre Bruxelles. La Commission européenne a prévenu hier que «l’assainissement budgétaire demeure un défi de taille en France» dans son évaluation des programmes de réformes et de stabilité laissés par le précédent exécutif.

L’institution européenne prévient que «si le déficit fixé pour cette année (4,4% du PIB) semble réalisable, le seuil de 3% du PIB à atteindre en 2013 est encore loin». Elle s’attend à une croissance de 0,5% pour cette année, et de 1,3% en 2013, contre 1,7% prévu par François Hollande dans son programme. Le ministre de l’Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a cependant réaffirmé hier que les objectifs de déficit seraient tenus.

Alors que la Cour des comptes vient d’appeler à la plus grande vigilance sur les dépenses de personnel, les dépenses fiscales, les dépenses d’intervention et le financement des opérateurs de l’Etat, la Commission juge «important que la croissance des dépenses publiques reste inférieure au potentiel de croissance du PIB et qu’une attention particulière soit accordée à l'évolution des dépenses sociales et des administrations locales». L’institution estime, à l’aune des données qui lui ont été transmises par le gouvernement de François Fillon, que la hausse des dépenses devrait être plus élevée que prévu. Notamment parce que le maintien du gel des salaires dans l’administration après 2012 n’a pas été confirmé et que la poursuite de la réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas certaine.

L’élection du nouveau président socialiste ne fait que renforcer ce constat puisque, pour l’instant, ce dernier s’est engagé à créer 60.000 postes supplémentaires dans l'éducation en cinq ans et que les syndicats de fonctionnaires ont déjà demandé l’ouverture rapide de discussions salariales. Alors que François Hollande a promis le rétablissement de la retraite à 60 ans pour certaines personnes, la Commission ajoute que «la viabilité à long terme du système des retraites continue aussi de poser problème, malgré la réforme de 2010 qui devrait équilibrer le système d’ici à 2018».

Bruxelles prévoit que le chomâge passera au-dessus de la barre des 10% en 2012 et 2013 et préconise de lutter contre la segmentation du marché du travail. La Commission demande enfin de veiller à ce que toute évolution du salaire minimum favorise l’emploi, en particulier des jeunes et des moins qualifiés

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