La Commission apporte sa pierre à la réforme de l’union économique et monétaire
Ce n’est pas un virage, à peine une inflexion. Hier, la Commission européenne a admis implicitement que les effets adverses des stratégies de consolidation budgétaire mises en place depuis 2010 appelaient des ajustements. Deux propositions annoncées à l’occasion de la publication de sa «revue annuelle de croissance» et de ses recommandations pour la consolidation de l’union économique et monétaire signalent un modeste changement de cap.
La première concerne la création d’un «instrument de compétitivité et de convergence», en clair des fonds européens, distincts du budget de l’Union européenne et destinés à financer les réformes structurelles. L’idée n’est pas nouvelle et s’apparente à celle de «budget de la zone euro» mise sur la table par le président du Conseil Herman van Rompuy en octobre. Cet instrument irait de pair, conformément à la doctrine allemande, à une contractualisation des politiques économiques des Etats membres. «Les arrangements contractuels seraient soutenus financièrement», précise le document de la Commission.
Par ailleurs, Olli Rehn a ouvert la porte à une «déviation temporaire» des stratégies d’ajustement budgétaire pour permettre à certains investissements publics de ne pas être pris en compte dans le calcul des règles budgétaires. Mais, a averti le Commissaire en charge des affaires économiques et monétaires, cette ouverture ne doit pas être comprise comme une «règle d’or qui autorise une exception permanente pour tout investissement public».
La Commission a à nouveau reporté à l’après-2014, année de renouvellement du Parlement européen et de la Commission, tout projet de mutualisation des dettes via des émissions communes ou un fond de rédemption, car elle suppose une révision du traité européen qui ne pourrait être engagée qu’après ces échéances.
Par ailleurs, dans son analyse des déséquilibres macro-économiques, également rendue publique mercredi, l’exécutif européen laisse à nouveau de côté la question des excédents allemands, pour se concentrer sur les déficits de la France et des pays du Sud, persistant dans la stratégie d’ajustement asymétrique poursuivie jusqu’à présent. Seule voix discordante dans ce concert, celle du commissaire Andor, en charge des affaires sociales, pour qui «l’essentiel du problème du chômage résulte d’une demande agrégée faible».
Plus d'articles du même thème
-
L’acculturation aux risques est nécessaire pour préserver l’assurabilité des communes
En réaction à la publication de la cartographie de vulnérabilité des communes françaises par Reclaim Finance et Data for Good le 1er juillet dernier, France Assureurs a tenu à rappeler les initiatives engagées par la profession depuis un an et appelle à une stratégie nationale d’acculturation aux risques. -
La Banque Populaire de Chine franchit une étape dans l’internationalisation du renminbi
Pas à pas, la Chine s’insère dans les marchés financiers internationaux. Elle vient ainsi de prendre de nouvelles mesures de politique monétaire qui ouvrent l’usage de sa monnaie et alignent les pratiques de la PBoC sur celles des autres grandes banques centrales. -
Les Etats-Unis ont moins créé d'emplois que prévu en juin
Les créations de postes sont ressorties à 57.000 le mois dernier et elles ont été révisées à la baisse au titre du mois de mai. -
PARTENARIATDette émergente : d’une allocation tactique à un pilier stratégique des portefeuilles
Longtemps considérée comme une allocation de niche, la dette des marchés émergents a profondément évolué. Amélioration des fondamentaux, diversification accrue et rendements attractifs redéfinissent aujourd’hui son rôle dans l’allocation d’actifs. Dans un environnement marqué par l’incertitude, cette classe d’actifs s’impose progressivement comme une composante stratégique, à condition d’en saisir la complexité et d’adopter une approche active et sélective. -
L’éthique algorithmique s’imposera bientôt au secteur financier
L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) lance une consultation sur les implications opérationnelles du règlement IA pour les banques et compagnies d’assurance. La notion nouvelle d’éthique algorithmique, introduisant de nouvelles dimensions de non-discrimination des personnes physiques, remet en cause certaines pratiques du secteur. -
Le mois de juin, véritable crash test de la réforme de la facturation électronique
Selon le baromètre Generix, près de 9 entreprises sur 10 considèrent ainsi qu’elles seront certainement ou probablement prêtes au 1er septembre 2026. Seules 10,5% déclarent encore qu’elles ne seront pas sur la ligne de départ.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Rcube Asset Management obtient son agrément MiCA
Contenu de nos partenaires
-
Pharmacie : cet accord avec les Etats-Unis qui pourrait coûter près de 45 milliards de livres au Royaume-Uni
Signé en décembre 2025, le traité entre les deux pays a permis aux Britanniques d’éviter jusqu’à 100 % de taxes douanières sur leurs exportations de médicaments outre-Atlantique. En contrepartie, le Royaume-Uni doit augmenter ses dépenses en innovation pharmaceutique, ce qui pourrait réduire les moyens consacrés aux services de santé essentiels. -
PschittLa motion de censure mort-née des Ecologistes
Le Rassemblement national a déjà déclaré qu'il ne soutiendra pas cette initiative, privant ainsi la gauche de toute majorité -
TribunePas de progrès technologique sans transparence ni sécurité – par Pierre-Antoine Vacheron
Face à l’explosion des paiements pilotés par l’intelligence artificielle, les premières transactions agentiques en Europe posent une question cruciale sur la confiance et la transparence des nouvelles technologies