La Cnuced dénonce la spéculation autour des matières premières
La Cnuced (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) monte au créneau pour dénoncer les mouvements spéculatifs sur les marchés des matières premières telles que le pétrole ou les céréales. Dans une étude publiée le 18 septembre, l’agence des Nations unies estime que la «financiarisation est la cause principale de la volatilité des prix du pétrole et des matières premières ». Elle met en avant le fait que les volumes des dérivés liés aux matières premières représentent aujourd’hui entre 20 et 30 fois la production physique réelle.
Les investisseurs financiers, déçus par les marchés d’actions ces dernières années, et soucieux de diversifier les risques, se sont tournés vers les marchés de matières premières pour placer leurs capitaux, a regretté Heiner Flassbeck, le directeur général de la Cnuced. Les investisseurs financiers qui ne représentaient que moins de 25% des intervenants sur le marché des matières premières dans les années 90 comptent aujourd’hui pour plus de 85%, et dans certains cas extrêmes ils représentent la totalité des intervenants sur le marché des futures, pointe l’étude.
L’organisation constate aussi que les prix du pétrole, et l’indice Standard & Poor’s Goldman Sachs (S&P GSCI) des matières premières ont évolué exactement de la même manière que les marchés d’actions au cours des sept derniers mois alors qu’en 2002, il n’y avait aucun lien entre ces trois courbes. «Il n’y a qu’une seule explication à cette forte corrélation: l’influence des marchés financiers», a expliqué Heiner Flassbeck. La Cnuced s’inscrit ainsi en faux contre la plupart des études officielles, émanant notamment des autorités de régulation, et qui ne parviennent pas à conclure au lien entre flambée des prix et mouvements financiers spéculatifs.
Afin de lutter contre ce phénomène, la Cnuced plaide pour une intervention des gouvernements afin de rétablir le fonctionnement «normal» des marchés. Elle souhaite la mise en place d’une autorité de surveillance des marchés, qui pourrait opérer sur le marché des dérivés, en achetant ou en vendant, afin d’empêcher les prix de s’effondrer ou d’être entraînés dans une bulle.
Autre piste : les producteurs pourraient aussi se mettre d’accord sur des prix planchers ou des prix plafonds à l’image de ce qu’a fait la Suisse pour tenter de juguler le franc fort en fixant un taux de change de 1,20 franc pour 1 euro.
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