La chute du yen s’offre une pause avant la décision attendue de la BoJ
Les marchés de change ont-ils surestimé les perspectives d’assouplissement de la Banque du Japon (BoJ)? Après avoir chuté vendredi à une parité de 80,38 contre dollar, le yen revenait ce matin à 79,65, soit une appréciation de 0,8%, la plus forte en séance depuis le 22 août dernier. Un niveau qui reste cependant en-deçà de ses plus hauts niveaux de 77.79 atteints début octobre. Depuis le début du mois, le yen s’est affaibli de 1,3% contre les principales devises, alors que l’euro gagnait 1,3% et le dollar 0,7%, selon Bloomberg.
«Des traders arbitragistes de court terme sur le change ayant récemment accumulé les positions vendeuses sur le yen semblent avoir commencé à prendre leurs profits avant le niveau test de résistance de 80.63» explique néanmoins Citigroup. Les positions vendeuses sur le yen sont proches d’un «niveau extrême», selon l’indicateur CFPI de la banque. Selon les données publiées par la Commodity Futures Trading Commission (CFTC), les positions nettes sur le dollar/yen se sont retournées en une semaine d’une position acheteuse de 10.086 contrats à une position vendeuse de 18.196 contrats sur la semaine achevée le 23 octobre dernier. La dernière fois que les investisseurs ont retourné leurs positions à la vente remonte à fin février dernier.
«Les ventes récentes sur le yen reflètent une détérioration du sentiment économique des investisseurs» estime Citigroup. Les chiffres des ventes au détail publiés ce matin sont ressortis nettement moins forts qu’attendus, ralentissant à un rythme annuel de 0,4% au mois de septembre après 1,7% en août, alors que le consensus tablait sur une progression de 1%. Dans ce contexte, les marchés attendent un nouvel accroissement de la taille du programme de rachats d’actifs de la BoJ au moins équivalent aux 10.000 milliards de yens déjà injectés il y a deux mois, à l’issue de sa réunion de politique monétaire qui débute ce soir.
La pression exercée par le ministre des finances, Seiji Maehara, qui prônait, après l’annonce d’un plan de relance de 400 milliards de yens, un geste supplémentaire de la BoJ de 20.000 milliards ont dopé les ventes de yen la semaine dernière. «Nous continuons de penser qu’il existe un risque que les investisseurs puissent être surpris par une décision jugée décevante de la BoJ, qui devrait assouplir moins qu’anticipé, ce qui engendrerait une période temporaire d’appréciation du yen» préviennent cependant les économistes de Citigroup.
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