La chute des prix du pétrole tire les anticipations d’inflation à la baisse
La nouvelle chute du prix du pétrole risque d’assombrir à nouveau les perspectives d’inflation en zone euro. En passant de plus de 60 dollars par baril avant le mois de juillet à moins de 50 dollars depuis le début de semaine, le cours du Brent est ainsi revenu à un niveau proche de ses plus bas d’environ 46 dollars enregistrés en début d’année. Or, cette correction a déjà eu un impact immédiat sur les anticipations d’inflation.
Après être remonté d’un plus bas de 1,48% au mois de janvier à 1,86% début juillet sous l’effet de la mise en place des rachats d’obligations publiques de la BCE et de l’amélioration des perspectives économiques au sein de la zone, le fameux taux de swap inflation euro 5 ans dans 5 ans qui sert de référence à la BCE, a depuis reculé de 14 pb pour revenir à 1,72%.
Les points morts des obligations indexées allemandes et françaises à 10 ans ont également chuté de 22 pb et 30 pb depuis leurs plus hauts de fin juin, à respectivement 1,13% et 1,23%. «Les stratégies d’aplatissement des courbes de swaps inflation fondées principalement sur l’anticipation d’une stabilisation du prix du brut (et d’une hausse de l’inflation par effet de base) ont souffert dans cet environnement», ajoute Natixis. Cette baisse des points morts s’est ainsi accompagnée d’un fort mouvement de repentification de la courbe, avec une hausse du spread entre le swap inflation zone euro à 10 ans et à 2 ans de 74 pb pour revenir sur ses plus hauts depuis mars, les obligations de maturités courtes étant plus sensibles à l’inflation actuelle que celles de maturités plus longues.
Le taux d’inflation en zone euro s’est stabilisé à un niveau de 0,2% au mois de juillet, avec une légère remontée de l’inflation sous-jacente de 0,1 point à 0,9%. Il s’agit ainsi du quatrième mois d’inflation non négative depuis le début de l’année. «La conséquence immédiate de cette baisse du prix du pétrole inattendue est que les prix à la consommation pourraient ne pas augmenter dans les proportions initialement anticipées. On pourrait même voir l’inflation de quelques grands pays repasser sous 0%», explique Natixis.
L’établissement anticipe néanmoins qu’une accélération de la progression des coûts salariaux avec l’amélioration de l’activité et des effets de base favorables devraient permettre à l’inflation sous-jacente de remonter à un niveau moyen de 1,3% en 2016.
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Kiev - La Russie a annoncé lundi un cessez-le-feu unilatéral avec l’Ukraine les 8 et 9 mai pour les commémorations de la victoire de la Seconde Guerre mondiale, et a menacé de lancer une «frappe massive de missiles» sur Kiev si l’Ukraine le violait. L’Ukraine a répondu en déclarant sa propre trêve les 5 et 6 mai, estimant qu’il n'était «pas sérieux» de s’attendre à ce qu’elle observe un cessez-le-feu à l’occasion d’un jour férié militaire russe. Ces annonces interviennent à un moment où les Etats-Unis recentrent leur attention sur le conflit au Moyen-Orient après leurs efforts déployés pour mettre fin à la guerre en Ukraine, provoquée par l’invasion russe à grande échelle du pays en 2022. «Conformément à une décision du Commandant suprême des forces armées de la Fédération de Russie, (le président) Vladimir Poutine, un cessez-le-feu a été décrété du 8 au 9 mai 2026", a indiqué le ministère dans un message publié sur MAX, une application de messagerie soutenue par l’Etat. «Si le régime de Kiev tente de mettre en oeuvre ses plans criminels visant à perturber les célébrations du 81e anniversaire de la Victoire lors de la Grande Guerre patriotique, les forces armées russes lanceront une frappe massive de missiles de représailles sur le centre de Kiev», a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué diffusé également sur MAX. «Nous avertissons la population civile de Kiev et les employés des missions diplomatiques étrangères de la nécessité de quitter la ville sans délai», a-t-il ajouté sans autre explication. La Russie commémore chaque année la Journée de la Victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945 en organisant un vaste défilé militaire sur la place Rouge à Moscou. De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré lundi qu’il n'était «pas sérieux» d’instaurer un cessez-le-feu pour permettre à la Russie de célébrer cette journée, et que Moscou craignait que les drones ukrainiens ne «bourdonnent au-dessus de la place Rouge». «A ce jour, il n’y a eu aucune demande officielle adressée à l’Ukraine concernant les modalités d’une cessation des hostilités dont il est question sur les réseaux sociaux russes», a indiqué M. Zelensky dans un message publié sur la plateforme X. «A cet égard, nous annonçons un régime de cessez-le-feu à partir de 00H00 dans la nuit du 5 au 6 mai», a-t-il ajouté. Le président ukrainien a ensuite atterri à Bahreïn pour des discussions sur la «coopération en matière de sécurité» avec ce pays du Golfe, a indiqué à l’AFP une source au sein de la délégation ukrainienne. Attaques meurtrières Lundi, une frappe de missile russe a coûté la vie à sept civils dans la ville de Merefa, située près de Kharkiv dans l’est de l’Ukraine, et une attaque de drone a provoqué la mort d’un couple dans une localité du sud, selon les autorités ukrainiennes. Un journaliste de l’AFP a vu à Merefa des corps étendus dans la rue, recouverts de couvertures et de draps blancs ainsi que des magasins et maisons éventrés et des voitures endommagées. Une femme, dont un proche a été tué dans une voiture, caressait son corps à travers la vitre du véhicule, tête baissée. Selon des informations préliminaires, l’attaque a été menée à l’aide d’un missile balistique de type Iskander, a précisé le parquet régional. L’Ukraine se bat depuis plus de quatre ans contre l’invasion russe à grande échelle et la région de Kharkiv, frontalière de la Russie, est très régulièrement visée par des attaques russes. Une partie importante de ce territoire avait été occupée par l’armée russe au début de la guerre, puis largement reprise par les forces ukrainiennes. La zone contrôlée par les Russes en Ukraine a diminué de quelque 120 km2 en avril, ce qui n'était plus arrivé depuis la contre-offensive ukrainienne de l'été 2023, selon l’analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l'étude de la guerre (ISW). L’invasion russe de l’Ukraine, conflit le plus sanglant en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale, a fait des centaines de milliers de morts des deux côtés. Victoria LUKOVENKO © Agence France-Presse -
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