La chute de Silvio Berlusconi fait naître de nouvelles incertitudes
Les mesures d’austérité pourraient être votées d’ici dimanche, suivies de la démission du président du Conseil. Mais sa succession reste ouverte
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Olivier Pinaud
Le prochain président du Conseil italien ne s’appellera pas Silvio Berlusconi. Deux jours à peine après l’annonce de la démission programmée du Cavaliere, il s’agit finalement de l’unique certitude du dossier politique italien. Silvio Berlusconi a en effet confirmé qu’il ne se représenterait pas en cas d’élections législatives anticipées, préférant laisser la place à son dauphin Angelino Alfano. En dehors de l’officialisation de son retrait, le flou persiste sur la suite des événements.
Même la date officielle de la démission de Silvio Berlusconi n’est pas connue. Celle-ci n’interviendra qu’après le vote de la «loi de stabilité» destinée à faire adopter par les parlementaires les mesures d’austérité promises à l’Union européenne. Initialement, le vote au Sénat était attendu vers le 18 novembre, avant une adoption par la chambre des députés quelques jours plus tard. Hier, conscients de l’urgence de la situation, le président du Sénat et son alter ego à la chambre basse ont fait savoir qu’ils s’efforceraient de faire en sorte que la loi soit adoptée définitivement d’ici dimanche.
Une fois le vote obtenu, le président de la République, Giorgio Napolitano, devra trouver un successeur à Silvio Berlusconi. Soit il nomme un représentant du parti du Peuple de la liberté, le camp de l’ancien Premier ministre. Angelino Alfano ou Gianni Letta pourraient faire revenir dans la coalition les dissidents qui ont fait chuter Silvio Berlusconi mais cette option ne marquerait pas de réelle rupture avec le précédent gouvernement. Soit Giorgio Napolitano confie à une personnalité reconnue le soin de former un gouvernement de transition, en mesure de gérer la crise. Dans ce cas, le nom de l’ancien commissaire européen Mario Monti revient avec insistance. Cette solution a la préférence des économistes d’UniCredit, et du marché également selon eux, car «elle impliquerait une coalisation bi partis, ce qui augmenterait les chances de crédibilité du nouveau gouvernement, et donc de mettre en œuvre les réformes majeures dont l’Italie a besoin en urgence».
Le président dispose, enfin, de la possibilité de dissoudre les chambres et de demander l’organisation d’élections anticipées. En 2008, lors de la démission du gouvernement de Romano Prodi, le processus avait duré un peu moins de quatre mois. Les nouvelles élections pourraient alors se tenir en février 2012. L’Italie n’a pas nécessairement autant de temps devant elle.
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