La chute de Silvio Berlusconi calme les tensions
La perte de la majorité absolue au parlement a été fatale à Silvio Berlusconi. Hier soir, le président du Conseil italien a annoncé qu’il démissionnerait de ses fonctions une fois la loi de Finances adoptée, d’ici la fin novembre. Le président de la République engagera alors les consultations pour former un nouveau gouvernement. Sans majorité, Silvio Berlusconi aurait été dans l’incapacité de faire adopter les mesures d’austérité promises à l’Union européenne alors que les tensions sur le marché obligataire devenaient insoutenables.
Silvio Berlusconi avait certes obtenu hier le vote des comptes publics 2010, mais les appels à sa démission s'étaient multipliés après ce passage obtenu de justesse. Même le marché, en envoyant le taux d’intérêt à dix ans à 6,62 % (en hausse de 10 points de base), réclamait à haute voix un départ du président du Conseil italien. Les investisseurs craignaient un enlisement de la situation politique au pire moment économique.
«Sans leadership clair et fort, l’Italie va probablement continuer de souffrir, tandis que Berlusconi se bat pour se maintenir au pouvoir en rejetant toute proposition de former un gouvernement bipartite s’ouvrant à l’opposition dans l’intérêt du pays», avançaient les économistes de RBS lundi, dans l’hypothèse d’un maintien du Premier ministre après le vote. Après l’officialisation de sa démission hier soir, les marchés boursiers américains se sont retournés à la hausse. Face au dollar, l’euro a touché un plus haut de séance à 1,3847.
Pour autant, s’il fait retomber d’un cran la tension de ces derniers jours, le départ de Silvio Berlusconi n’est pas non plus la solution miracle. D’une part, le nom de son remplaçant, même par interim, n’est pas connu. D’autre part, de nouvelles élections sont probables dans les prochains mois, ce qui pourrait nourrir l’incertitude et donc l’inquiétude des marchés. Or, ces derniers apprécieraient la formation d’un gouvernement de «techniciens» capables de prendre des décisions impopulaires, à l’image de ceux formés dans les années 90.
Pour les économistes de BNP Paribas, qui s’exprimaient avant l’annonce de la démission, un tel gouvernement, soutenu par les partis d’opposition et des dissidents de la majorité actuelle et qui pourrait être dirigé par Mario Monti, a 60% de chance de voir le jour. Mais sa mise en place risque d'être longue, à l’image des tractations menées actuellement en Grèce pour la création d’un nouveau gouvernement.
Dans l’intervalle, le marché obligataire sera donc encore soumis à de fortes tensions. Une situation non seulement délicate pour le Trésor, mais aussi pour les banques nationales et l'économie en général. Les cinq plus grands établissements du pays détiennent 160 milliards d’euros d’emprunts d’Etat italiens d’après l’Autorité bancaire européenne. Ce nombre monte à 250 milliards d’euros pour l’ensemble des banques du pays.
Par ailleurs, leur financement s’annonce délicat pour 2012, année durant laquelle elles doivent refinancer un cinquième de leur dette. Parallèlement, l’EBA leur a demandé de se recapitaliser à hauteur de 14 milliards d’euros, sachant que le coût pondéré du capital est actuellement supérieur à 6% pour les banques italiennes, d’après RBS. Enfin, l'économie italienne est déjà affaiblie. Pour 2012, RBS anticipe une contraction de 0,6 % du PIB.
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Le dirigeant chinois lui a aussi promis l’achat de 200 «gros» Boeing, a-t-il dit. C’est considérable, mais moindre que la commande de 500 avions monocouloirs 737 MAX et d’une centaine de gros porteurs (787 Dreamliner et 777) évoquée par la presse depuis des mois. La Chine est un partenaire stratégique et économique primordial pour l’Iran qui lui destine la grande majorité de ses exportations de pétrole. Elle est directement touchée par la quasi-fermeture, sous l’effet des blocus iranien et américain, du détroit d’Ormuz par lequel transite une grande part de ses acquisitions d’hydrocarbures, d’Iran mais aussi d’autres pays du Golfe. L’Iran a annoncé jeudi, en plein sommet pékinois, que ses forces avaient autorisé le passage de plusieurs navires chinois. Washington voudrait voir Pékin user de son influence sur Téhéran pour contribuer à une sortie de crise dans le Golfe. Tout en s’employant diplomatiquement, Pékin a observé jusqu'à présent une grande retenue. «Nation en déclin» C’est l’un des sujets de crispation que le sommet est destiné à atténuer, sinon à dissiper. Ils abondent: Iran donc, Taïwan, relations commerciales, restrictions d’accès aux terres rares et aux semi-conducteurs, intelligence artificielle et propriété intellectuelle... Ils se sont manifestés ouvertement jeudi avec une mise en garde vigoureuse du président chinois quant au risque de «conflit» entre Chine et Etats-Unis au sujet de Taïwan. Les propos de M. Xi ont dominé le premier jour de la visite. La compétition - stratégique, commerciale, technologique - est extensive et la Chine semble miser sur un déclin des Etats-Unis, subtilement évoqué par Xi Jinping lui-même lorsqu’il a cité l’historien de l’Antiquité grecque Thucydide, théoricien du risque de guerre lorsqu’une puissance émergente entre en rivalité avec une puissance dominante. M. Trump a répondu jeudi soir dans un message sur sa plateforme Truth Social. «Le président Xi a fait très élégamment référence aux Etats-Unis comme étant peut-être une nation en déclin», a-t-il dit. Mais selon lui, l’homme fort de Pékin avait à l’esprit les Etats-Unis de son prédécesseur Joe Biden, pas l’Amérique actuelle. «Il y a deux ans, nous étions effectivement une nation en déclin. Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus génial de la planète», a-t-il dit. «Stabilité constructive» Depuis le retour de M. Trump à la Maison Blanche, Chine et Etats-Unis se sont livré une âpre guerre commerciale aux répercussions planétaires, à coups de droits de douane exorbitants et de restrictions multiples. MM. Trump et Xi ont conclu une trêve en octobre et, depuis, la Cour suprême américaine a mis à bas les droits de douane généralisés de l’administration Trump. Mais le cessez-le-feu commercial reste exposé à l’instauration de nouvelles surtaxes américaines envisagées par le républicain. 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