La Chine vole au secours de son marché actions
La première baisse conjointe des taux de dépôts, de prêts et du ratio des réserves obligatoires (RRO) opérée le week-end dernier par la PBOC depuis 2008 intervient après la correction la plus violente subie par les marchés actions chinois depuis 1996. Après des performances historiques enregistrées depuis le début de l’année, les indices de Shanghai et de Shenzhen ont chuté d’environ 20% ces deux dernières semaines, faisant craindre une crise bancaire systémique dans le pays.
Le régulateur des marchés a même décidé hier, à l’issue d’une réunion avec les principaux courtiers du pays, de suspendre les IPO pour calmer la volatilité des actions. SG CIB rappelle que le bilan des ménages reste solide avec des dépôts représentant 100% du PIB chinois, alors que l’allocation en actions reste jusqu’ici limitée à moins de 10% du PIB et la part des ménages ayant recours à l’endettement pour investir en actions reste faible.
«Un effondrement des marchés actions mettrait en péril les objectifs de réformes prioritaires. Le nettoyage des excès de l’explosion du crédit en 2009-2010 nécessite un recours massif au financement par les marchés (émissions d’obligations et d’actions pour les besoins du shadow banking, des sociétés Trust et des prêts fiduciaires), et la participation des banques», explique néanmoins ING. Le taux de dépôts à un an a été assoupli de 25 pb et ramené à 2%, et le taux plafond de 35 pb, à 3%. A 4,85%, le taux de prêts de référence est désormais inférieur d’environ 45 pb à son niveau de 2009, alors que la baisse ciblée du RRO permettra de libérer 450 milliards de yuans de liquidités, soit l’équivalent d’une baisse globale de 35 pb, selon SG CIB.
«Le choix d’une baisse ciblée envoie le message que la PBOC est hésitante à abaisser les taux interbancaires à un niveau trop faible», indique SG CIB qui estime qu’elle cible un taux Shibor à 7 jours de 2% à 2,5%. Les 35 milliards de yuans offerts la semaine dernière par des opérations de reverse repo à 7 jours et la facilité de prêts à moyen terme (MLF) ont permis de faire reculer le taux à 3,05%, après une hausse de 120 pb sur un mois.
«Les 2.000 milliards de yuans de swaps de dette locale nécessitent une politique monétaire accommodante, et l’offre potentielle d’obligations locales d’un montant substantiel prévues sur les prochaines années et le manque de demande de marché ont mis les rendements sous pression depuis mars», alerte Barclays.
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