La PBOC s’est mise en alerte sur les risques de défauts des sociétés immobilières mais ne semble pas souhaiter intervenir dans l’immédiat
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Patrick Aussannaire
La Chine est-elle menacée d’une crise immobilière ? L’offre de logements s’est fortement détériorée, avec une contraction des mises en chantier de plus de 20% sur l’ensemble des trois premiers mois de l’année en rythme annuel. Les achats de terrains ont brutalement chuté de 17% en mars, après de légères hausses les mois précédents. Si la baisse est limitée à 5% dans les vingt principales villes du pays, elle atteint 27% dans les villes de troisième rang. Une détérioration de l’offre qui «semble disproportionnée comparée à la décélération nettement plus modérée de la demande», précise la société de gestion Gavekal.
Le gouvernement de Li Keqiang a incorporé dans son budget 2014 une chute des recettes issues des ventes de logements de 11,8%. En 2013, elles représentaient 61% des recettes des collectivités locales chinoises. «Le ralentissement du marché immobilier devrait conduire à une baisse des recettes, ce qui renforcera la pression sur la capacité de financement des collectivités», estime JPMorgan. La valeur des terrains est utilisée comme garantie des financements des véhicules de financement des collectivités locales (LGFV) et de ceux accordés aux promoteurs.
Des dépenses budgétaires supplémentaires seront consacrées aux constructions de logements pour soutenir l’offre. Parallèlement, Pékin a fait part de son intention d’autoriser les collectivités à avoir recours directement à des émissions d’obligations pour assurer le financement de leurs besoins de constructions de logements. De son côté, la PBOC a annoncé dans son rapport trimestriel le renforcement des contrôles sur les risques de défaut des prêts accordés aux sociétés immobilières, mais également aux LGFV. Les sociétés en surcapacités bénéficieront quant à elles d’un programme de soutien spécifique.
L’autorité monétaire craint une contagion au système bancaire et financier, mais ne semble pas souhaiter prendre de mesures de soutien d’urgence. Les prêts immobiliers étaient limités à 20% des prêts totaux accordés par les banques chinoises en 2013.
En revanche, «les conséquences d’un retournement du marché immobilier pourraient être importantes pour l’économie chinoise», estime RBS. Le secteur représente 13% du PIB, et Nomura estime que, sans plan de soutien, il pourrait entraîner une chute de la croissance du produit intérieur brut à 5,8%. Un rythme bien inférieur aux 7,5% visés par Pékin.
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