La Chine semble à court de répondant face au ralentissement de son économie

A peine évoquée l’hypothèse d’une stabilisation des prix, la question de l’opportunité d’une politique de relance commence à se poser
Olivier Sasportas, à Pékin

Même si certains, à l’image de Zhang Xiaoqiang, le vice-président de la National Development and Reform Commission (NDRC), ont été prompts à voir dans la modération du taux d’inflation chinois au mois d’août (+6,2% après un pic à +6,5% au mois de juillet) un «tournant» ouvrant la voie à une période de stabilité des prix, le débat vient d’être lancé au sein des autorités financières locales quant au bien-fondé d’une politique de relance.

Les propos de Wu Xiaoling, l’ancienne vice-gouverneur de la banque centrale chinoise, ont été rapportés ce week-end dans l’organe de presse de la PBOC, mettant en garde contre les effets négatifs d’une nouvelle politique monétaire et fiscale expansionniste, alors que la Chine continue de lutter contre les conséquences néfastes des plans de relance mis en place dès 2008. Actant d’une baisse prévisible du taux de croissance pour 2012, celle qui est désormais sous-directrice du comité pour la finance et l’économie au Congrès National du Peuple, a néanmoins souligné le caractère contraignant des pressions inflationnistes et le problème de la dette des autorités locales.

Malgré le ralentissement prévisible de l’économie – après Morgan Stanley la semaine dernière, Deutsche Bank vient aussi de revoir à la baisse les prévisions 2011 et 2012 à 8,9% et 8,3% - la menace inflationniste pourrait mettre du temps à s’évanouir et limiter la marge de manœuvre des autorités. Selon Ma Jun, l’économiste de Deutsche Bank, la croissance chinoise devrait être de 7,3% au premier trimestre 2012. Pour autant le gouvernement devrait être contraint dans ses mesures de soutien à l’économie en raison là aussi de la contrainte inflationniste et des risques liés aux créances douteuses et bulles spéculatives générées par les précédents stimulus.

Selon un sondage mené par la banque centrale la semaine dernière, 72% des ménages chinois estimaient que les prix étaient trop élevés et presque 50% n’envisageaient pas d’amélioration au prochain trimestre. A la date du 11 septembre, le prix du porc, qui avait contribué à 1,3 point du taux d’inflation au mois d’août, a enregistré une cinquième semaine de hausse consécutive. Et les derniers chiffres de l’immobilier ont confirmé leur cap au mois d’août, avec une hausse des prix dans les 70 villes de référence.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...