La Chine se porte au chevet de ses PME

Tout en se défendant d’assouplir sa politique monétaire, Pékin multiplie les gestes de soutien ciblés
Olivier Sasportas, à Pékin

Malgré l’accumulation d’indicateurs économiques inquiétants, Pékin ne semble pas encore prêt à infléchir le cap d’une politique monétaire qui a mis plus d’un an à contenir l’envolée des prix. Plutôt que d’envoyer le signal d’une relance généralisée que beaucoup anticipent déjà, les autorités semblent au contraire avoir opté pour une approche structurelle davantage ciblée.

Premières bénéficiaires: les PME chinoises. Grandes oubliées du plan de relance de 2008, les autorités se sont employées en l’espace de quinze jours à faciliter leur financement, alléger leur fiscalité et ont proposé des solutions à leurs problèmes d’endettement.

Sur le plan de la fiscalité, le Cabinet a ratifié une série de mesures d’allègements, telles que le rehaussement du seuil d’imposition sur les plus values. Selon l’Association chinoise pour les PME, près de 30 millions de sociétés seraient concernées. La réduction d’impôt pourrait dès cette année s’élever à 59 milliards d’euros.

La banque centrale a également annoncé une baisse du taux de réserves obligatoires d’un demi-point de plusieurs banques de la province du Zhejiang, où plus de 90% des travailleurs sont employés dans le privé. Prévu depuis un an, selon la banque centrale il s’agirait d’un réalignement sur le ratio normalement imposé aux banques rurales (16%) plutôt que les prémisses d’un assouplissement général. Cette baisse serait surtout conditionnée au respect d’une politique de crédit en faveur de l’investissement des petites entreprises de la part de ces banques.

De son côté, la société de bourse de la China Development Bank (CDB) étudierait la possibilité d’émettre, en s’entourant d’un maximum de précautions, des titres garantis par des pools d’actifs de PME. La CDB voudrait confier la due diligence au gouvernement et assurer aux investisseurs les garanties d’un fonds d’Etat. Au bout du compte, l’initiative permettrait aux PME d’obtenir des financements via un processus plus transparent que le crédit bancaire auquel elles ont difficilement accès.

Ce souci de transparence est aussi à la base d’un réaménagement des conditions encadrant les échanges de créances contre actions. Là aussi il s’agira à partir du 1er janvier de répondre aux problèmes de financement des PME tout en sécurisant les investisseurs avec des pratiques vertueuses.

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