La Chine se laisse des marges de manœuvre dans sa lutte contre l’inflation
La Chine avance à petits pas. Pour un pays qui a fait de la lutte contre l’inflation sa priorité absolue, la hausse de 25 points de base des taux directeurs décidée mardi par la banque centrale peut paraître timorée. D’ailleurs, la baisse de 0,9% de l’indice composite de la Bourse de Shanghai a presque été entièrement effacée hier matin. La hausse des taux de prêts à court terme et des taux de dépôt à respectivement 6,06% et 3% ne devrait avoir qu’un impact marginal sur la distribution de crédits, alors que l’inflation devrait dépasser 5% en janvier et la croissance avoisiner les 9% en 2011. «Avec un yuan clairement sous-évalué et des taux réels négatifs qui incitent fortement les investisseurs à s’endetter, les forces structurelles qui poussent actuellement l’inflation vers le haut ne sont pas près de se calmer en 2011», estime Primeview.
Même si de nouveaux tours de vis monétaires sont attendus dans les prochains mois, le rythme devrait rester modéré, le Crédit Agricole anticipant deux nouvelles hausses de 25 pb dans les six prochains mois. A titre de comparaison, les taux directeurs du Brésil ont déjà été relevés à 11,25% pour une inflation à 5,99% au mois de janvier. «Le gouvernement devrait accepter une hausse de l’inflation tant qu’elle s’accompagne de gains de productivité», estime la société d’investissement GaveKal.
Mais les autorités chinoises misent également sur l’encadrement de la croissance des crédits bancaires, une des sources principales de la hausse des prix. GaveKal estime même que «le principal instrument de politique monétaire de la Chine est le contrôle quantitatif des prêts, pas les taux d’intérêt». Crédit Agricole estime en outre que «l’autre outil de lutte contre l’inflation est l’appréciation du renminbi, et nous nous attendons à une poursuite du mouvement dans les prochains mois». A 6,5850 dollars mercredi, le renminbi a atteint son plus haut niveau depuis l’abandon de son arrimage au billet vert en juillet 2005.
Mais les risques d’effets de second tour sont importants compte tenu des efforts de la Chine pour rééquilibrer son modèle de croissance vers la demande des consommateurs, comme en témoignent les hausses de salaires minimum en 2011, la consommation ne contribuant qu’à hauteur de 3,9 points sur les 10,3 points de croissance du PIB et le poids des salaires dans le PIB étant limité à 25% du PIB contre 70% pour les Etats-Unis.
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