La Chine rallie le concert funeste des perspectives économiques moroses
Les chiffres chinois du premier semestre devraient alerter la Banque populaire de Chine (PBOC). En effet, malgré les mesures déjà mises en place par les autorités monétaires et fiscales du pays, le ralentissement des ventes au détail s’est poursuivi avec un rythme de croissance annuelle de 13,1% en juillet après 13,7% en juin et 13,7% attendu par le consensus. La production industrielle affiche quant à elle son plus faible rythme de progression depuis 2009, à 9,2% en juillet contre 9,5% en juin et 9,8% attendu par le consensus. Seul l’investissement résiste avec une hausse de 20,4% en juillet, stable par rapport au mois de juin. La croissance du PIB avait déjà poursuivi son ralentissement au deuxième trimestre à 7,6%, son plus faible rythme depuis 2009.
Si le premier ministre, Wen Jiabao, a indiqué que sa priorité est de soutenir la croissance, les mesures de relance annoncées jusqu’à présent sont d’une ampleur nettement moindre que le plan de 4.000 milliards de yuans qui avait été lancé en 2008 du fait la hausse de la dette publique qu’elles avaient engendrées. Elles cherchent plus à accélérer la transition de l’économie en ciblant la consommation et les secteurs des hautes technologies plutôt que des investissements massifs dans des infrastructures. «Un rythme plus rapide d’approbation de projets et une politique monétaire plus souple ont conduit à un renversement de tendance dans les investissements en infrastructures, ce qui a permis de stabiliser la croissance des investissements globaux», indique cependant GaveKal.
La croissance du PIB reste sous son potentiel, accélérant les anticipations de nouvelles mesures de soutien des autorités chinoises. D’autant que l’inflation a ralenti à 1,8% en juillet après 2,2% en juin, soit son plus faible niveau des 30 derniers mois. En juillet 2011, les prix évoluaient encore sur un rythme annuel de 6,5%. «Il semble acquis que l’inflation en Chine sera inférieure à l’objectif officiel du gouvernement pour cet année de 4%», estime Aurel BGC.
Et la baisse des prix à la production s’accélère à -2,9% en juillet, après 2,1% en juin, semblant indiquer «une pression plus forte sur les prix des producteurs face à une demande moins dynamique», selon Aurel BGC. D’ailleurs, les profits industriels se sont contractés de 2,4% entre janvier et mai, du fait de la baisse des ventes et du resserrement des marges.
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