La Chine presse le pas pour l’intégration du renminbi dans les DTS du FMI
Pékin semble plus que jamais déterminé à voir le renminbi (RMB) intégrer le panier des grandes devises servant actuellement au calcul des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI pour asseoir la dimension internationale de sa monnaie. Après le relèvement du plafond des taux de dépôt dimanche indiquant la volonté de libéralisation des taux chinois, les autorités ont décidé de modifier dès cette année le calcul de la balance des paiements avec un transfert des réserves d’actifs dans les comptes financiers du pays et non plus dans les comptes courants.
Il s’agit d’un gage supplémentaire fourni au FMI qui devrait annoncer d’éventuels ajustements sur son panier de DTS d’ici à novembre pour un effet dès janvier 2016. Un nouvel élargissement de la bande de fluctuation du RMB est attendu, mais surtout une devise entièrement convertible pour l’ensemble des gérants de réserves de change.
Actuellement, seuls le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen sont intégrés dans les DTS. Leurs poids respectifs de 41,9%, 37,4%, 11,3% et 9,4% ont été révisés pour la dernière fois en 2010 en fonction de la part de chaque devise dans les exportations mondiales et de son utilisation comme monnaie dans les réserves de change internationales. Des critères auxquels doit répondre la Chine, qui est déjà l’un des plus gros exportateurs de biens et services au monde. «Si le RMB reste à la traîne des autres devises du panier des DTS en termes d’utilisation comme devise d’investissement, la libéralisation rapide des comptes de capitaux en Chine et sa popularité croissante dans les transactions internationales sont autant d’arguments pour son inclusion cette année», selon SG CIB.
Près de 40 banques centrales ont déjà investi une partie de leurs réserves en actifs libellés en RMB pour un montant estimé entre 48 et 156 milliards de dollars, soit l’équivalent de 0,8% à 2,6% des réserves de changes répertoriées dans le COFER (Currency Composition of Official Foreign Exchange Reserves) du FMI. En ce sens, «le RMB réalise certainement des progrès rapides qui ne sont pas capturés dans le COFER», estime SG CIB.
Outre les quatre devises des DTS, le COFER intègre également les dollars canadien et australien, le franc suisse et un compartiment «autres devises», mais exclurait toujours quelque 5.500 milliards de dollars de réserves. SG CIB estime ainsi que si le RMB était intégré dans les DTS, son poids serait initialement limité à 7%.
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