La Chine poursuit sa stratégie d’internationalisation du yuan

L’extension du programme QFII aux sociétés de gestion chinoises permettra à ces dernières de solliciter les investisseurs étrangers
Alexandre Garabedian

Pékin continue sa stratégie des petits pas. Les autorités chinoises multiplient les mesures qui permettront un jour au yuan d’accéder au rang de devise internationale. Dernière en date: l’extension du programme QFII (qualified foreign institutional investor) aux sociétés de gestion et aux courtiers chinois. Ces derniers pourront désormais, comme leurs concurrents étrangers agréés dans le pays, lever des fonds auprès d’investisseurs étrangers et les réinvestir sur le marché local. Dans le cas présent, au moins 80% des fonds levés devront être investis en obligations chinoises.

Institué en 2003, et soumis à des quotas d’investissement, le régime QFII bénéficiait fin décembre à 106 entreprises, dont les actifs s’élevaient à 66 milliards de yuans (13,4 milliards d’euros). Nomura, UBS, Citigroup et Morgan Stanley ont été les premières à en bénéficier; côté français, on trouve la Société Générale, CA CIB, BNP Paribas, LCF Rothschild ou récemment Ofi AM. Le nouveau système devrait profiter en priorité aux courtiers chinois ayant des relais internationaux, comme Guotai Junan ou Huatai Securities.

L’extension du QFII aux sociétés domestiques devrait notamment rendre le renminbi plus attrayant pour les investisseurs basés à Hong Kong. Mais, comme souvent, Pékin procède par petites touches. Les quotas accordés dans ce cadre devraient être plafonnés à 20 milliards de yuans, indique Reuters.

Si l’horizon fixé reste donc de long terme, plusieurs mesures convergent dans le même sens. La Place de Hong Kong, où la vente de produits financiers en renminbi est permise depuis mi-2010, joue dans cette internationalisation un rôle prépondérant. En novembre, la Chine avait accordé à l’autorité monétaire de Hong Kong l’autorisation d’investir une partie de ses 266 milliards de dollars de réserves en actions et obligations libellées en yuans. En décembre, le programme permettant aux exportateurs chinois d’effectuer leur transaction en devise chinoise a été élargi de 365 à plus de 67.000 sociétés (L’Agefi du 13 décembre 2010).

Tout récemment, la Bank of China a proposé à ses clients à New York d’acheter et de vendre du yuan, dans la limite de 3.000 dollars par jour. Quelques entreprises, et même la Banque Mondiale, ont par ailleurs procédé ces dernières semaines à des émissions obligataires en yuans.

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