La Chine poursuit sa stratégie d’internationalisation du yuan
Pékin continue sa stratégie des petits pas. Les autorités chinoises multiplient les mesures qui permettront un jour au yuan d’accéder au rang de devise internationale. Dernière en date: l’extension du programme QFII (qualified foreign institutional investor) aux sociétés de gestion et aux courtiers chinois. Ces derniers pourront désormais, comme leurs concurrents étrangers agréés dans le pays, lever des fonds auprès d’investisseurs étrangers et les réinvestir sur le marché local. Dans le cas présent, au moins 80% des fonds levés devront être investis en obligations chinoises.
Institué en 2003, et soumis à des quotas d’investissement, le régime QFII bénéficiait fin décembre à 106 entreprises, dont les actifs s’élevaient à 66 milliards de yuans (13,4 milliards d’euros). Nomura, UBS, Citigroup et Morgan Stanley ont été les premières à en bénéficier; côté français, on trouve la Société Générale, CA CIB, BNP Paribas, LCF Rothschild ou récemment Ofi AM. Le nouveau système devrait profiter en priorité aux courtiers chinois ayant des relais internationaux, comme Guotai Junan ou Huatai Securities.
L’extension du QFII aux sociétés domestiques devrait notamment rendre le renminbi plus attrayant pour les investisseurs basés à Hong Kong. Mais, comme souvent, Pékin procède par petites touches. Les quotas accordés dans ce cadre devraient être plafonnés à 20 milliards de yuans, indique Reuters.
Si l’horizon fixé reste donc de long terme, plusieurs mesures convergent dans le même sens. La Place de Hong Kong, où la vente de produits financiers en renminbi est permise depuis mi-2010, joue dans cette internationalisation un rôle prépondérant. En novembre, la Chine avait accordé à l’autorité monétaire de Hong Kong l’autorisation d’investir une partie de ses 266 milliards de dollars de réserves en actions et obligations libellées en yuans. En décembre, le programme permettant aux exportateurs chinois d’effectuer leur transaction en devise chinoise a été élargi de 365 à plus de 67.000 sociétés (L’Agefi du 13 décembre 2010).
Tout récemment, la Bank of China a proposé à ses clients à New York d’acheter et de vendre du yuan, dans la limite de 3.000 dollars par jour. Quelques entreprises, et même la Banque Mondiale, ont par ailleurs procédé ces dernières semaines à des émissions obligataires en yuans.
Plus d'articles du même thème
-
La France conserve dans la douleur le leadership de l’attractivité en Europe
Bien qu'en tête du classement, la France accuse une perte de 17 % du nombre de projets d'investissements directs étrangers accueillis en 2025, contre un recul de 7 % en Europe. -
Ubisoft s'attend à une nouvelle année difficile
L'entreprise de jeux vidéos a annoncé des prévisions en baisse en attendant des sorties de jeux plus importantes lors de son année 2027-2028. -
Le marché de l’immobilier de bureaux piétine toujours
Les grandes transactions manquent encore pour relancer vraiment le marché locatif, à part dans le quartier de La Défense où elles semblent repartir. Le marché européen suit à peu près les mêmes tendances. -
JPMorgan Private Bank croit aux actions émergentes et au thème de la défense
Dans le cadre de ses perspectives d’investissement mondiales de mi-année, la banque privée plébiscite une exposition sur les marchés émergents qui sortent d'une très belle année 2025 ainsi qu'au secteur de la défense poussé par la multiplicité des conflits mondiaux. -
Les fonctions risques et assurances parlent encore trop peu la même langue
Une étude de Kyu et de l’Amrae met en lumière une juxtaposition des fonctions et non une coopération. -
Commerzbank met en scène sa riposte à UniCredit, qui poursuit ses achats
Lors de son assemblée générale, la banque allemande a clamé haut et fort son opposition au projet de rachat par sa concurrente italienne. De son côté, UniCredit continue à acheter des produits dérivés, à défaut de convaincre les actionnaires.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF RévélationOpération vérité sur les retraites des fonctionnaires
Le ministre des Comptes publics, David Amiel, veut bouleverser la présentation des comptes de l'Etat pour mieux faire apparaître le vrai coût financier de la retraite des fonctionnaires. Voici comment -
MéfiancePourquoi le deal commercial entre les Européens et Trump demeure fragile
La procédure avance du côté européen mais des embardées ne sont pas exclues, loin de là -
PortraitRetraites : Jean-Pascal Beaufret, le choix de la plume face à « un déni de réalité »
L’ancien inspecteur des Finances alerte depuis 2022 sur le manque de transparence des comptes publics. Rare voix à s’élever sur le sujet, sa thèse suscite la curiosité de la classe politique.