La Chine met de l’ordre dans le financement de ses PME
Alors que le surplus extérieur se réduit et que la pression monte sur le yuan, Pékin a décidé d’éradiquer le « shadow banking »
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Patrick Aussannaire
Le modèle chinois reposant sur la faiblesse des coûts de production comme moteur du commerce extérieur donne des signes de fatigue. En témoigne le ralentissement de l’excédent de la balance commerciale en septembre à 14,5 milliards de dollars, contre 17,8 milliards en août et 31,5 milliards en juillet. En cause, le ralentissement des exportations à un rythme annuel de 17,1% contre 24,5% en août.
La banque centrale a fixé hier la parité du yuan en baisse de 0,2% à 6,3737 et sa cotation à Hong Kong a chuté de 0,3% à 6,44 contre dollar en réaction à la pression américaine. La devise chinoise s’est néanmoins appréciée de 1,2% au troisième trimestre (contre une chute de 17% du real brésilien, de 13% du rouble russe et de 8,7% de la roupie indienne). Le consensus Bloomberg anticipe de surcroît une appréciation du renminbi à 6,06 fin 2012.
Si l’accélération des importations a pénalisé le commerce extérieur, elle est également le signe du succès des efforts de rééquilibrage de la croissance du pays vers la demande intérieure. Le défi est à la hauteur des ambitions chinoises, et les autorités ont déjà relevé le gant en lançant hier un vaste plan de soutien aux PME, qui ont particulièrement souffert du resserrement du crédit et se sont tournées vers le «shadow banking». Un mode de financement à taux exorbitants qui a laissé nombre de PME couler sous le poids de leur dette, et auquel Pékin veut mettre fin.
Le gouvernement a indiqué hier que tous les financements se feraient dorénavant «dans les limites imposées par la loi», prohibant tout octroi de crédit de la part des banques via des structures non régulées. Le risque est un assèchement du crédit à court terme, la finance de l’ombre ayant pesé 40% des prêts accordés au premier semestre, selon Dragonomics.
C’est pourquoi Pékin s’est également engagé à mettre à disposition des PME, qui fournissent 80% des emplois et pèsent plus de 50% de l’activité économique du pays, les fonds nécessaires pour assurer leur financement. La baisse de l’impôt sur les PME sera maintenu jusqu’en 2015 et les petites banques bénéficieront de ratios de réserves obligatoires plus faibles que les gros établissements.
A la suite de ces annonces, le taux monétaire à 7 jours a chuté de 19 bp à 3,15%. La banque centrale a adjugé hier 7 milliards de yuans d’obligations à 3 mois à 3,1618% et 20 milliards à 3 ans à 3,97%.
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