La Chine libéralise la distribution des fonds de placement
A compter du 1er octobre 2011, une nouvelle directive permettra la multiplication des canaux de distribution pour les fonds domestiques en Chine. Le régulateur de marché chinois honore ainsi une promesse faite lors de la dernière rencontre du dialogue stratégique et économique sino-américain. Au même titre que les banques chinoises, les banques étrangères localement incorporées pourront désormais faire une demande de licence.
Selon les nouvelles dispositions, une société avec un capital équivalant à 21,7 millions d’euros et une équipe composée d’au moins dix professionnels de la gestion, pourra vendre des produits aux particuliers.
La jeune industrie chinoise de la gestion a vécu une véritable explosion entre 2005 et 2008, passant de 49 milliards d’euros d’actifs à presque 210 milliards. Elle devrait atteindre les 280 milliards à la fin de l’année. A ce jour, selon Z-Ben Advisors, une société de consulting spécialisée dans l’asset management chinois, les quatre plus grandes banques du pays maîtriseraient 70% de la distribution, captant au passage 30 à 60% des frais de gestion. De l’avis même de la CSRC, le gendarme des marchés local, la nouvelle réglementation devrait stimuler la compétition parmi les acteurs du marché tout en rehaussant le niveau de compétence des professionnels.
Les particuliers qui représentent 80% des investisseurs, pour seulement 20% d’institutionnels, boudent les fonds d’investissement. Les 87 nouveaux fonds créés durant les cinq premiers mois de 2011 ont attiré moins de 17 milliards d’euros, soit une moyenne de 194 millions par fonds. C’est moins qu’en 2008, au plein cœur de la crise.
La normalisation pourrait changer en profondeur la dynamique du secteur. Malgré le très net avantage que constituent les réseaux de succursales des banques chinoises, la nouvelle mesure devrait avoir un impact énorme sur les banques étrangères. Selon François Guilloux, directeur de Z-Ben, «l’ouverture à la distribution de fonds domestiques devrait enfin leur permettre de mettre en place une stratégie d’accroche de la clientèle chinoise» face à des concurrents qui négligent l’activité de conseil. La nature des produits devrait également évoluer. Plus de complexité serait le gage d’un positionnement différent de celui des banques domestiques.
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