La Chine freine fortement ses quotas d’exportation de terres rares

Malgré la menace d’une plainte américaine, la baisse de 11,4 % des premiers quotas pour 2011 pourrait pénaliser de nombreux secteurs industriels
Yves-Marc Le Reour

En attribuant sa première série de permis d’exportation de terres rares pour 2011, la Chine a réduit hier de 11,4% son volume de quotas en un an. Le ministère du Commerce chinois a alloué des quotas de 14.446 tonnes à 31 sociétés, contre 16.304 tonnes allouées à 22 sociétés lors de la première série d’exportations pour 2010 décidée l’an dernier à la même époque. «Ceci est cohérent avec les commentaires gouvernementaux faisant état de la nécessité de protéger l’environnement et les ressources en matières premières», juge Chen Jiazuo, analyste chez Beijing Antaike Information Co.

Le ministère a précisé dans un bref communiqué qu’il avait ajouté des producteurs sur la liste des quotas mais qu’il avait réduit «les volumes alloués aux sociétés commerciales pour les métaux utilisés dans les produits de haute technologie». Le gouvernement chinois, qui établit deux séries de permis d’exportation par an, avait déjà fortement réduit ses quotas pour la deuxième partie de cette année, ce qui a déclenché une explosion des prix de ces 17 métaux dont les propriétés électromagnétiques sont très recherchées dans de nombreux secteurs industriels (voitures hybrides et électriques, énergies renouvelables, électronique, éclairage et armement).

Cette décision devrait exacerber les tensions commerciales avec les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne, gros consommateurs de ces métaux produits à plus de 95% par l’empire du Milieu. Les Etats-Unis avaient déclaré la semaine dernière ne pas exclure de porter plainte devant l’organisation mondiale du commerce (OMC), après le rejet par la Chine des requêtes américaines en faveur d’un arrêt de ces restrictions. Les sociétés japonaises se sont également plaintes contre ces limitations imposées par les douanes chinoises. Quant à l’Europe, son inquiétude est un peu moins vive après que la Chine a confirmé le maintien de son approvisionnement courant décembre.

Le gouvernement chinois tente d’imposer une meilleure discipline dans le pays pour «le développement ordonné» du secteur des terres rares, ce qui devrait aboutir «à la création d’ici à mai 2011 d’une association des industries de terres rares», a assuré Wang Caifeng, un représentant du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, lors d’une conférence qui s’est tenue hier à Pékin. Celle-ci inclura les 93 plus importants producteurs domestiques de ces métaux.

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