La Chine fait le choix d’investissements publics pour relancer son économie
La Chine a-t-elle les moyens d’aller au-delà des effets d’annonce? Les autorités du pays ont lancé officiellement un programme d’investissements en infrastructures publiques de 1.000 milliards de yuans (125 milliards d’euros) destiné à atteindre l’objectif de croissance de 7,5% en 2012 fixé par Pékin. «Avec des signes clairs de ralentissement de l’activité économique, le gouvernement a finalement pris le taureau par les cornes» estime Bank of America.
25 nouvelles lignes de métros et de trains dans 18 villes chinoises et une nouvelle ligne ferroviaire pour desservir le futur parc Disneyland à Shanghai vont être construites. Des projets qui devraient déjà se traduire dans les chiffres de croissance du quatrième trimestre, selon Nomura Securities. HSBC estime que ces projets, équivalent à 2% du PIB, devraient permettre de faire passer de 15% par an à 20% le rythme de croissance des dépenses en infrastructures.
Un mouvement qui risque cependant de «compromettre la transition vers une économie plus tournée vers la consommation», estime GaveKal. D’autant que fin août, les villes de Chongqing et Tianjin avaient annoncé 1.500 milliards de yuans d’investissements d’ici 2015 dans des industries telles que la pétrochimie, l’électronique, l’automobile et les équipements. Des projets qui laissaient penser une transition vers des investissements dans le secteur privé et qui soulignent «l’importance cruciale des investissements privés pour atteindre les objectifs de croissance», selon GaveKal.
Des investissements de 2.400 milliards avaient également été annoncés pour la réduction de la consommation énergétique et la réduction des émissions de carbone. Or, en mettant tous ces projets bout à bout, la facture de ce plan de relance dépasserait le montant de 4.000 milliards mobilisé en 2008 pour lutter contre les effets de la crise et qui a montré ses limites depuis, notamment sur les finances publiques et le développement de la finance de l’ombre.
Quoi qu’il en soit, la capacité des collectivités locales et des sociétés chinoises à lever des fonds pour financer ces projets dépendra très largement des décisions de politique monétaire de la Banque populaire de Chine. Or, «l’assouplissement des conditions de crédit modéré mis en place jusqu’à présent ne permettra pas à la Chine de reproduire l’envolée des investissements locaux réalisés en 2009» estime GaveKal.
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