La Chine envisage un élargissement de la bande de fluctuation de sa monnaie
Evolution ou coup de bluff ? Alors que le G20 débute une réunion placée sous le signe des manipulations de taux de change, le China Daily indiquait hier que la Banque Populaire de Chine (PBOC) envisage un élargissement de la bande de fluctuation du yuan au cours du deuxième trimestre. Une décision qui pourrait contribuer à poursuivre le renforcement du yuan contre dollar, selon Louis Kuijs, chef économiste chez RBS.
Citant Wang Yu, directeur adjoint du bureau de recherche de la PBOC, le journal chinois ajoute que le nombre d’acteurs autorisés à réaliser des transaction en yuan pourrait être élargi et que les coûts de transactions pourraient être baissés. Des propos confirmés hier par Yi Gang, directeur adjoint de la PBOC lors d’une conférence du FMI à Washington. «Le taux de change va être déterminé de plus en plus par les marchés», a-t-il indiqué. Douze des 20 économistes interrogés par Bloomberg s’attendent à un nouvel élargissement de la bande de fluctuation cette année, déjà portée à 1% il y a un an.
Le FMI considère la devise chinoise comme «modérément sous-évaluée», alors que les Etats-Unis ont retiré à la Chine l’étiquette de «manipulateur de devises». «Il est vrai que le G20 se réunit cette semaine, mais attribuer l’appréciation du yuan à un effet d’aubaine d’avant sommet ne rend pas justice à la remarquable tendance à la hausse que connaît la devise depuis ces deux derniers mois», estiment les analystes de Brown Brothers Harriman. Et d’ajouter que «compte tenu des chiffres décevants, la baisse des prévisions de croissance du PIB, la dégradation de la perspective de la note souveraine du pays de positive à stable, tout cela aurait pu constituer une raison suffisante pour entraîner une baisse du yuan aujourd’hui».
La PBOC a fixé la parité du yuan à 6,2342 contre dollar hier. Elle était en hausse de 0,16% à 6,1733 à Shanghai, après avoir atteint 6,1726, la limite haute de sa fluctuation autorisée et son plus haut niveau depuis 19 ans. A Hong Kong, les niveaux anticipés à 12 mois progressaient à 6,2435, et la volatilité implicite à 1,42%.«Introduire plus de volatilité dans le taux de change est un autre objectif du gouvernement», rappelle Louis Kuijs.
Les positions en yuan détenues par les institutions financières chinoises ont progressé de 295 milliards de yuans (36 milliards d’euros) en février, après un record de 684 milliards en janvier. «Le fait que les réserves de change aient progressé au premier trimestre d’un montant quasi identique à la progression sur l’ensemble de l’année dernière met en lumière de nouvelles entrées de capitaux» qui pourraient provenir des sociétés chinoises elles-mêmes, selon Brown Brothers Harriman.
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