La Chine entraîne l'économie japonaise en pleine zone d’incertitude

Les économistes craignent une nouvelle contraction du PIB nippon au troisième trimestre après celle déjà enregistrée au trimestre précédent.
Patrick Aussannaire

Le fléchissement de l’activité en Asie se confirme. Les exportations chinoises sont restées sur une tendance baissière en reculant de 5,5% sur un an en août, avec une accélération inquiétante de la chute des importations à un rythme de 13,8%. «La récente dépréciation du renminbi n’a pas fourni beaucoup de soutien aux exportateurs, la devise chinoise demeurant relativement forte contre les autres devises asiatiques et les problèmes sous-jacents internes et externes dans l’économie chinoise et mondiale restant importants», explique Natixis. Depuis la dévaluation le 11 août, le renminbi a cédé 4% contre dollar, et Citigroup estime qu’une dépréciation de 7% est nécessaire pour que le taux de change réel de la devise retrouve ses niveaux de début 2014.

Ces inquiétudes pèsent sur les perspectives d’activité japonaises déjà atones, la Chine accaparant 18,3% des exportations du pays, contre 18,6% pour les Etats-Unis. Le PIB japonais s’est contracté de 1,2% en rythme annualisé au deuxième trimestre, après une croissance de 4,5% sur les trois premiers mois de l’année. Si ce niveau est meilleur qu’attendu, il est marqué par un recul inquiétant de l’investissement, de 0,9%. En se fondant sur les derniers indicateurs d’activité, Natixis estime en outre que «la reprise économique devrait être faible au mieux au troisième trimestre, avec un risque de récession technique qui ne peut être écarté». Barclays table sur une croissance limitée à 1% sur le troisième en cours et à 1,1% sur l’année fiscale. Un rythme inférieur à celui de 1,7% anticipé par la BoJ, également mis à mal par la récente correction du marché actions, qui pourrait avoir des conséquences négatives sur la consommation des ménages.

Depuis un mois, l’indice Nikkei a chuté de 16,3% et a ainsi effacé l’ensemble de ses gains réalisés depuis le début de l’année. Une correction certes inférieure à celle de l’indice chinois composite de Shanghai, qui a reculé de 20% sur la même période, mais nettement plus sévère que celle enregistrée par les autres indices asiatiques et occidentaux. Le Kospi sud-coréen, le Sensex indien et le Hang Seng hongkongais accusent ainsi des baisses respectives limitées à 6,2%, 10% et 13,3%, alors que l’indice Eurostoxx et le S&P 500 ont reculé de 11,4% et 8,7% depuis un mois. Dans ce contexte, CA CIB estime qu’une poursuite de la correction des actions japonaises pourrait conduire la BoJ à augmenter à nouveau ses rachats d’actifs d’ici à la fin de l’année.

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