La Chine ajuste sa politique de relance à sa «nouvelle norme»

Sur les 7.000 milliards de yuans d’investissements en infrastructures évoqués par Bloomberg, une grande partie sera portée par le secteur privé.
Patrick Aussannaire

Le gouvernement chinois met un coup d’accélérateur à la mise en place de 300 projets d’infrastructures d’une valeur totale de 7.000 milliards de yuans (950 milliards d’euros), selon Bloomberg. Ils s’inscrivent dans le cadre du projet global de 10.000 milliards sur deux ans, soit environ 16% du PIB chinois. «Dans un contexte d’inquiétude internationale croissante sur la croissance en Chine, un plan de relance de grande ampleur pourrait changer les perspectives et avoir des répercussions importantes sur de nombreux marchés», estime RBS qui table sur un objectif de croissance à 7% pour 2015, après 7,5% en 2014.

En érigeant une «nouvelle norme», Pékin semble accepter un ralentissement de la croissance, en accélérant les réformes. «Les réformes s’élargissent pour réduire les garanties implicites de l’Etat, ce qui accroît les risques pesant sur l’économie et le système financier», rappelle SG CIB. Contrairement au plan de 4.000 milliards lancé en 2008, une part importante de ces dépenses sera portée par le secteur privé pour s’ajuster à cette nouvelle norme. «Compte tenu du montant total d’investissements réalisés de 35.000 milliards de yuans, les 10.000 milliards étalés sur plusieurs années – dont une partie importante est déjà en cours – sont nettement moins significatifs que ce que suggère ce chiffre», précise RBS.

La PBOC a assoupli le ratio de prêts sur dépôts (LDR) en incluant une grande partie des dépôts des établissements non bancaires dans son calcul. Cette mesure permet d’augmenter la capacité de prêts des banques commerciales de 5.500 milliards de yuans, soit plus de la moitié des nouveaux prêts octroyés en 2014 et 7% des prêts totaux. Le rythme de croissance du crédit reste stable à 13%, alors que celui des dépôts est passé sous les 10%. «Les banques pourront maintenir ce rythme de prêts, sans se préoccuper du LDR», estime SG CIB.

En outre, bien que ces dépôts soient soumis au ratio de réserves obligatoires (RRO), ce dernier a été temporairement réduit à zéro pour annuler l’impact négatif de cette mesure sur les conditions de liquidités, déjà tendues. Revenu à 3,9% après être monté à 5,9% en fin d’année, le taux Shibor 7 jours reste plus élevé que sa moyenne de 3,1% enregistrée entre septembre et fin novembre, malgré la baisse du RRO.

Dans ce contexte, «réduire les taux interbancaires à des niveaux confortables deviendra un enjeu crucial de la politique monétaire», estime SG CIB.

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