La Caisse des dépôts reste prise entre le marteau et l’enclume
En présentant mi-décembre les quatre priorités stratégiques de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) pour 2020, Augustin de Romanet, son directeur général, aurait pu en ajouter une cinquième : la défense des entreprises françaises. Nicolas Sarkozy y a suppléé hier. « Face à la montée en puissance des fonds spéculatifs extrêmement agressifs et des fonds souverains, et qui n’obéissent à aucune logique économique, il n’est pas question que la France reste sans réagir (…). Je veux que la Caisse des dépôts soit l’instrument de cette politique de défense et de promotion des intérêts économiques primordiaux de la Nation », a déclaré le président de la République.
L’officialisation du rôle de la Caisse comme bras armé du patriotisme économique soulève, une fois encore, bien des questions sur l’indépendance et la stratégie de l’institution. L’Elysée souligne certes que « la CDC reste sous la tutelle du Parlement » et que « ce qu’a dit le président est tout à fait en ligne avec le plan stratégique ». Le plan Elan 2020 prévoit que le groupe, en tant que premier ou deuxième actionnaire d’une vingtaine d’entreprises du CAC 40, peut « soutenir des opérations qui aideront à stabiliser leur actionnariat dans la durée ». Pour autant, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, avait indiqué mi-décembre devant les cadres de la Caisse que des investissements donnant « une influence notable dans l’administration des entreprises » n’avaient « pas vocation à être la norme ».
L’affaire du rachat des actions du groupe Lagardère dans EADS, qui place l’institution en moins-value latente, montre bien les limites d’un investissement suspect d’avoir été fait sur ordre. Or la Caisse des dépôts gère l’épargne privée des Français et non, comme les fonds souverains, des réserves d’Etat. La création d’un comité des investissements auquel le directeur général de la Caisse se référerait pour avis avant toute décision importante suffira-t-elle à éviter un nouvel EADS ?On peut aussi s’interroger sur la capacité d’intervention d’un groupe qui voit par ailleurs son périmètre d’activité régulièrement remis en cause, comme ce fut le cas encore à Noël avec le rapport Camdessus sur le Livret A. Avec 37 milliards d’euros de placements en actions, la CDC est un gros investisseur. Mais elle ne peut rivaliser seule avec des fonds souverains dont les derniers tickets d’entrée dans des banques occidentales ont atteint 5 à 10 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
Les responsables financiers français font preuve de prudence avec l’IA
L’enquête mondiale d’Airwallex relève qu’en France plus qu’ailleurs la fonction finance intègre pour l’heure les fondamentaux avant de se lancer dans l’opérationnel. -
KKR muscle ses ambitions dans l'assurance en recrutant l'ancien patron de Manulife
Après avoir dirigé l'assureur canadien de 2017 à son départ en retraite en 2025, Roy Gori conseillera la firme new-yorkaise, propriétaire de Global Atlantic, sur ses opportunités dans l'assurance et les services financiers. -
Prologis relève une dernière fois son offre sur Segro
Le spécialiste de la logistique américain a relevé pour la quatrième fois son offre sur son concurrent britannique. La date limite pour qu’une offre soit officiellement formalisée est fixée à ce mercredi 22 juillet au soir. -
Le baril de pétrole s’approche de 95 dollars avec le nouveau blocus en mer Rouge
Aux tensions dans le détroit d’Ormuz s’ajoute maintenant le blocus maritime des Houthis dans le détroit de Bab el-Mandeb situé à l’entrée de la mer Rouge. -
Milleis change de directeur général pour sa banque privée
Dans la foulée de son rachat par LCL, la banque privée acte le départ de Nicolas Hubert, en poste depuis près de huit ans. Il est remplacé par Julien Calvar, l'actuel directeur général délégué et directeur des opérations. -
Santander affiche un bénéfice net sous-jacent en hausse au deuxième trimestre
La banque a cependant enregistré des provisions en hausse et des charges de restructuration liées à TSB de 250 millions d’euros.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- Arnaud Jacquemin et Gaëlle Duclos (Société Générale Securities Services) : « La taille n’est qu’une dimension de notre compétitivité »
- Mirova négocie la cession de son pôle private equity à Jolt Capital
- Amundi va générer une plus-value de 300 millions d'euros avec l'IPO de SBI FM
- Fabrice Kremer va succéder à Guy Wagner en tant que directeur des investissements de BLI
- Echiquier Gestion Privée mise sur l'architecture ouverte pour séduire de nouveaux clients
Contenu de nos partenaires
-
« Incident sans précédent » : une IA échappe au contrôle d’OpenAI et pirate une autre entreprise
Mardi, OpenAI a annoncé qu’une de ses IA a accédé de son propre chef à Internet et a hacké Hugging Face, une autre entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle -
Flacon couture et grand cru, notre sélection de cinq huiles d'olive d'exception pour l été
Tandis qu'Estoublon donne des airs de flacon de parfum à ses flacons d'huile d'olive, Maison Sarah Lavoine les sublime dans un nuancier de céramique et Oliviers & Co habille les siennes de teintes solaires... Tour d'horizon des flacons d'huile d'olive qui vont égayer les tables de l'été. -
Monique Barbut reste finalement au gouvernement à la demande d'Emmanuel Macron
Après avoir annoncé ce mercredi matin de remettre sa démission, Monique Barbut a accepté de rester à son poste de ministre de la Transition écologique après avoir échangé avec Emmanuel Macron