La Cades pourrait avoir à reprendre plus de 9 milliards de dette pour 2012
La hotte de la Caisse d’amortissement de la dette sociale risque encore de s’alourdir dans les prochains mois. En cause, le dérapage persistant des comptes sociaux, que la Cour des comptes pointe du doigt dans son rapport sur la Sécurité sociale. Le déficit du régime général devrait atteindre 14,7 milliards d’euros en 2012, au-dessus de l’objectif de 13,8 milliards fixés par la loi de financement. Si le transfert des déficits prévisionnels de la branche vieillesse et du fonds de solidarité vieillesse à la Cades est déjà prévu, jusqu’en 2018, à raison de 10 milliards par an environ, ce n’est pas le cas pour les branches maladie et famille. Or, celles-ci devraient perdre 9,4 milliards cette année.
«Une nouvelle reprise de dette s’avère ainsi d’ores et déjà indispensable dès la clôture de l’exercice 2012 et nécessitera un surcroît de ressources pour la Cades», juge la Cour des comptes. Elle calcule qu’il faudrait ainsi relever la CRDS de 0,50% à 0,56%.
«Il s’agit d’un souhait de la Cour des comptes. La Cades ne pourra reprendre cette dette que si le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale le prévoit», précise à L’Agefi Patrice Ract Madoux, le président de la Caisse d’amortissement.
Celle-ci a déjà repris l’an dernier 65,3 milliards d’euros de déficit cumulés sur l’ensemble des branches, moyennant un transfert de ressources supplémentaires provenant de la CSG (0,28 point) et du Fonds de réserve pour les retraites. Depuis sa création en 1994, elle a assumé plus de 200 milliards d’euros de déficits. Elle devrait en avoir amorti 70 milliards à fin 2012. A fin 2011, sa dette atteignait 143 milliards, soit 8,5% de la dette publique française. Cette année, la Caisse d’amortissement a émis 27 milliards d’euros d’emprunts à moyen et long terme, bouclant déjà à fin août son programme pour l’ensemble de l’exercice 2012.
Le problème est récurrent. «En l’absence de mesures complémentaires de redressement, près de 60 milliards d’euros de dettes sociales seraient susceptibles de s’accumuler d’ici la fin de la décennie», relèvent les sages de la rue Cambon. Pour juguler cette dette qui croît «plus vite qu’elle n’est amortie», la Cour des comptes émet plus de 72 recommandations. Dont certaines sont bien connues, comme la suppression de l’abattement de 10% pour frais professionnels dont bénéficient les retraités pour l’impôt sur le revenu, qui coûte 2,7 milliards par an.
Plus d'articles du même thème
-
La grande transmission ne pourra pas se passer des professionnels du patrimoine
Notaires ou conseillers en gestion de patrimoine doivent dès maintenant anticiper les questions d'héritage et de passation de patrimoine avec leurs clients. -
T. Rowe Price fait évoluer sa gouvernance
Eric Veiel est promu au poste de president à compter du 1er juin 2026. -
Le suédois Embracer se scinde une nouvelle fois
Après s’être séparé d’Asmodee, le groupe de jeux vidéo va encore se couper en deux en espérant améliorer sa valorisation. -
Les actions asiatiques plient sous les taux
Les places boursières en Asie ont nettement reculé, affectées par la forte hausse des taux longs. Le récent rebond a été dominé par les valeurs technologiques et de croissance. Mais cela s’apparente à des prises de bénéfices, après le rallye et avant les résultats de Nvidia. -
BNP Paribas Banque Privée muscle son offre dans la dette privée
Les clients de la banque privée pourront souscrire en exclusivité, via les contrats d’assurance-vie, de capitalisation et d’épargne retraite de Cardif, à une unité de compte de dette privée gérée par BNP Paribas Asset Management Alts. -
Le Parlement approuve la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France
L’ex-secrétaire général de l’Elysée a passé de justesse l’examen des commissions des finances au Sénat puis à l’Assemblée nationale. Il avait au préalable défendu son indépendance par rapport au gouvernement, expliqué l’intérêt de son expérience aux plus hautes fonctions de l’Etat, et commencé à faire valoir ses positions en matière de politique monétaire.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF confirme son rebond début mai
- Amundi restructure son organisation autour de cinq pôles
- Jean-Jacques Barbéris va rejoindre la direction de Caceis
- State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Axel Plichon (Eleva) : «Nous voulons renforcer notre maillage européen»
- JP Morgan AM veut faire passer les investisseurs des ETF passifs aux ETF actifs dans l'obligataire
Contenu de nos partenaires
-
Don't stop me nowLondres veut neutraliser les recours en justice contre les projets nucléaires et éoliens
Le gouvernement britannique continue de faire sauter les freins juridiques à l’investissement -
Sans réserveEn Charente-Maritime, Kafka aux pays des irrigants
Alors que le projet de loi d'urgence agricole entend faciliter l'adaptation de l'agriculture française au stress hydrique, la guérilla des associations opposées à toute gestion de l'eau ne faiblit pas -
Emmanuel Moulin futur gouverneur de la Banque de France
Le Parlement n'a pas rejeté la nomination d'Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, mercredi 20 mai. L'ancien secrétaire général de l'Elysée s'est engagé à exercer ses fonctions « en toute indépendance »