La BRI s’inquiète de l’impact du risque souverain sur le financement des banques
L’institution préconise une meilleure gestion des risques liés au financement et aux actifs et un allongement des échéances des emprunts d’Etat
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Patrick Aussannaire
La boucle dette souveraine / banques reste au cœur des préoccupations. Dans son rapport trimestriel, la Banque des règlements internationaux estime que «les décisions relatives à l’échéancier de la dette publique ont des répercussions non négligeables sur la dynamique à l’œuvre dans les difficultés du système financier». Les pertes sur les obligations souveraines détenues par les banques ont affecté leur bilan. Elles ont également conduit à une détérioration de la valeur des collatéraux que les banques peuvent utiliser pour sécuriser leurs financements, et pourraient déclencher des appels de marge des contreparties.
En août, les spreads Libor-OIS à 3 mois se sont écartés de 72 points de base (bp), traduisant la forte tension sur le marché interbancaire, alors que les banques se sont ruées au guichet de la BCE à hauteur de 173 milliards le 8 septembre. Dans le même temps, la forte réduction de l’exposition des fonds américains à la dette européenne a entraîné une envolée du «swap spread» de change à 120 bp et entraîné des tensions sur les financements en dollars des banques européennes.
Une situation qui a d’ailleurs contraint la BCE à une action concertée avec la Fed, la BoE, la BNS et la BoJ afin d’offrir des liquidités en dollar à 3 mois à ses banques pour couvrir leurs besoins jusqu’à la fin de l’année. Ces accords de swap illimités entre banques centrales s’ajoutent aux opérations à 7 jours déjà conduites par la BCE et permettront d’éviter un risque de crise de liquidité en dollar pour certaines banques. Outre ces mesures, la BRI préconise que les banques améliorent «leur gestion des risques liés au financement et aux actifs», et que les gouvernements allongent «les échéances des emprunts d’État et imposent une réglementation bancaire saine».
Au premier trimestre, les créances transfrontières agrégées des banques déclarantes BRI ont augmenté de 1,6%, soit 491 milliards de dollars. La baisse de 0,8% (soit 78 milliards de dollars) des prêts aux résidents européens et de 0,9% aux résidents britanniques (43 milliards) a profité aux Etats-Unis qui ont vu les créances transfrontières qui leur étaient accordées progresser de 5,9% (soit plus de 60%) du total. Sur la région Asie-Pacifique, elles ont progressé de 12% (126 milliards), un montant record qui reflète une envolée de 24% (80 milliards) des prêts à la Chine.
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