La BRI rassure sur la solidité des chambres de compensations centrales
Alors que les dérivés de gré à gré (OTC) standardisés devront être compensés via des chambres de compensations centrales (CCP) d’ici à la fin 2012, la protection de ces dernières contre un possible défaut d’une contrepartie est devenue un enjeu capital pour la stabilité financière, vu les montants en jeu.
Tandis qu’elle dévoile dans son rapport trimestriel une hausse de 3% de l’encours notionnel des dérivés OTC à 601.000 milliards de dollars –liée, certes, à l’appréciation des principales devises par rapport au dollar– la Banque des règlements internationaux (BRI) ajoute que la compensation centrale couvre à présent «50% des 400.000 milliards de dollars d’encours de swaps de taux d’intérêts (IRS)» et «un peu moins de 10% de 30.000 milliards de crédit default swaps (CDS)».
Toutefois, la BRI se veut rassurante à l'égard des 14 dealers majeurs sur dérivés, le fameux «G14». Sur la base de portefeuilles hypothétiques composés de CDS et d’IRS des membres du G14, les exigences de marges initiales, dans une situation de volatilité élevée, ne dépassent pas les 3% des actifs non utilisés de n’importe lequel des opérateurs. «Il semble improbable que les courtiers du G14 aient beaucoup de difficulté à trouver du collatéral suffisant pour constituer un dépôt de garantie initial», note la BRI. Elle précise que certains d’entre eux «peuvent avoir besoin de plus de cash pour payer les marges de variation». Au pire, les appels de marge, sur une journée, représentaient 13% des détentions en cash ou quasi-cash d’un opérateur du G14 dans le cas des IRS.
Selon ses hypothèses, la BRI estime que les ressources non dédiées à la marge et exposées au risque de défaut d’un opérateur représenteraient 20% des marges initiales totales pour les IRS, et 36% pour les CDS. Dans un contexte d’extrême volatilité, ces chiffres s'établissent à 21 et 13 milliards de dollars. Mais, l’institution rassure en disant que les éventuels appels à des contributions aux fonds de défaut (default funds) sont faibles par rapport au capital des opérateurs du G14 contributeurs, qui s’élève à 1.500 milliards à fin juin 2010.
La BRI tire la conclusion que les CCP peuvent surmonter les coûts potentiels d’un défaut simultané de deux opérateurs. Elle souligne que les CCP peuvent cependant avoir besoin d’un accès immédiat à un financement abondant si elles doivent payer les marges de variation en remplacement du membre défaillant.
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