La BRI incite la Chine à accélérer l’internationalisation du renminbi

La Banque estime que le pays doit relever le défi d’une internationalisation sous contrôle du yuan associée aux restrictions sur les opérations financières
Patrick Aussannaire

Dans son rapport trimestriel, la BRI estime que l’internationalisation sous contrôle de la monnaie chinoise associée aux restrictions importantes sur les opérations financières «est une entreprise sans précédent historique». Tant que Pékin maintient un contrôle des capitaux, l’internationalisation du renminbi laisse les leviers intacts. Cependant, l’étude estime qu’une détente sur le contrôle des flux mettrait en péril la politique des autorités chinoises d’encadrement des taux des dépôts et des prêts, de régulation du volume du crédit et de limitation de l’accès au marché obligataire.

Depuis septembre, la demande des investissements étrangers pour la devise s’est affaiblie sous fond d’aversion pour le risque. «En poursuivant l’internationalisation du renminbi, les autorités chinoises doivent rechercher un intérêt de moyen terme, les effets de court terme ajoutant seulement aux problèmes actuels», alerte le rapport. Dans une tribune accordée au Financial Times jeudi dernier, Yukon Huang, ancien directeur de la Banque mondiale en Chine, estime justement que l’environnement actuel est propice «au développement d’un système de taux de change plus flexible où la perspective d’une baisse est identique à celle d’une hausse, comme cela devrait être».

L’étude met en lumière le problème de segmentation issu de la double cotation du renminbi à la fois sur la place de Shanghai et celle de Hong Kong. «En septembre et octobre 2011, avec l’intensification des risques globaux sur le marché des actions et la faiblesse conjointe des devises asiatiques contre dollar, le renminbi a traité d’une manière nettement plus faible à Hong Kong qu’à Shanghai», constate le rapport.

La semaine dernière le yuan a été l’objet de fortes pressions baissières. La devise est venue taper durant six séances consécutives la borne basse de la marge quotidienne de fluctuation de plus ou moins 0,5% imposée par les autorités, contraignant la banque centrale (PBOC) à céder ses réserves de change pour stabiliser la devise. Parallèlement, le cours des taux forward à 12 mois à Hong Kong a traité avec une décote record de 1,2%. «Les marchés évaluent le yuan à un niveau inférieur de celui fixé par la PBOC» estime Yao Wei, économiste à la Société Générale. En octobre, les dépôts en yuans à Hong Kong se sont contractés pour la première fois de 0,6% à 618,5 milliards de yuans.

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