L’apparent optimisme des marchés ces derniers mois ne doit pas masquer les fragilités du système économique, en particulier le risque de change.
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Antoine Landrot
Pour la Banque des règlements internationaux (BRI), le pic de volatilité observé sur les marchés à la mi-octobre doit servir de sonnette d’alarme. Dans son dernier rapport trimestriel, la «banque centrale des banques centrales» explique que ce brusque manque d’appétit pour le risque reflétait l’incertitude croissante des investisseurs concernant les perspectives économiques et les politiques monétaires, ainsi que les tensions géopolitiques (Ukraine, Syrie, Ebola, etc.). «L’intensification des pressions vendeuses a temporairement asséché la liquidité, ce qui a amplifié les mouvements de marché», note la BRI. Mais cette phase n’a pas duré.
La BRI rappelle que ce mouvement de marché d’octobre est déjà une répétition, en plus brusque, d’événements similaires. «Ce sont autant d’indices indiquant que ces fragilités sont bien moins anodines que ce que ne le laisse penser l’optimisme actuel», avertit l’institution.
Les signes d’inquiétude sont multiples: les indices des directeurs d’achat (PMI) ont mis en évidence la fragilité économique, en particulier en Europe et en Allemagne. La chute continue des prix du pétrole et d’autres matières premières reflètent en partie un déclin de la croissance – même si, au moins pour le pétrole, elle est aussi le résultat de l’augmentation de l’offre. Les prévisions du FMI sur la croissance ont identifié d’autres points faibles, comme le Japon, la Chine et d’autres économies émergentes importantes – notamment celles qui dépendent de l’exportation de matières premières. A l’opposé, les Etats-Unis affichent une reprise plus soutenue.
Ces développements macro-économiques différents ont conduit à des politiques monétaires opposées, entre les Etats-Unis (fin de la hausse du bilan de la Fed, le 29 octobre) d’un côté, le Japon et l’Europe de l’autre. Ces divergences ont agité le marché des changes. La combinaison d’un dollar fort et de la chute des matières premières a conduit à des dépréciations importantes de devises, qui ont mis au jour les vulnérabilités de certains pays exportateurs nets, indique la BRI, comme le Brésil, la Russie ou le Nigeria.
«L’appréciation du dollar dans un contexte de politiques monétaires divergentes pourrait, si elle persistait, avoir un effet sévère sur l’économie mondiale, dans notamment les pays émergents. Par exemple, elle pourrait fragiliser leurs entreprises, dont beaucoup ont des passifs libellés en dollars importants», prévient la BRI.
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