WH Group, le premier producteur mondial de porc, devait y signer la plus grosse entrée en Bourse depuis 2010. L’opération tourne au fiasco
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Alexandre Garabedian
Les sociétés introduites en Bourse à Hong Kong ont perdu 5,7% depuis leur cotation contre une hausse de 10,6% pour celles qui le font aux Etats-Unis. Photo Bloomberg.
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Ce devait être pour la Bourse de Hong Kong l’occasion de redorer son blason, après avoir vu Alibaba lui préférer les sirènes de New York. Mais l’IPO de WH Group est en train de tourner au fiasco. Le groupe chinois, premier producteur mondial de porc depuis le rachat de l’américain Smithfield Foods l’an dernier, avait prévu de mettre à prix son offre hier. Il a reporté l’opération à la semaine prochaine, et devrait largement réviser en baisse ses projets.
Le plan initial prévoyait la vente de 2,92 milliards d’actions nouvelles (20%) et la cession par les actionnaires existants de 731 millions de titres. Avec une fourchette indicative de 8 à 11,25 dollars de Hong Kong par action, le groupe pouvait espérer lever jusqu’à 5,3 milliards de dollars américains. Selon IFR, au vu de l’accueil glacial réservé à l’IPO, les actionnaires actuels – CDH, le plus ancien fonds de private equity chinois, Ample Colour, Goldman Sachs et Temasek – ont renoncé à céder des titres. Le nombre d’actions nouvelles serait désormais ramené à 1,3 milliard, ce qui limiterait la levée maximale à 1,9 milliard de dollars.
L’IPO de WH Group, sur laquelle 28 banques planchent, devait être la plus importante à Hong Kong depuis 2010. Mais le propriétaire de Justin Bridou et Cochonou s’est montré trop gourmand. L’offre a été lancée moins de six mois après le rachat pour 4,9 milliards de dollars de Smithfield, sans que les investisseurs aient pu juger du succès de l’intégration. La valorisation implicite des activités américaines, dans le haut de la fourchette, ressortait à près du double du prix payé par WH Group. Un tour de passe-passe peu du goût des investisseurs asiatiques, tout comme l’énorme bloc d’actions attribué aux deux dirigeants du groupe. Cet échec relatif retardera le désendettement de la société, qui comptait utiliser 4 milliards levés en Bourse pour rembourser les emprunts contractés lors du rachat de Smithfield.
Les performances de l’indice Hang Seng peuvent aussi inciter les investisseurs à la prudence. En moyenne pondérée par la taille, les sociétés introduites en Bourse à Hong Kong ont perdu 5,7% depuis leur cotation, selon Bloomberg, contre une hausse de 10,6% pour celles qui le font aux Etats-Unis. Mais WH Group ne constitue pas le seul accident récent: le japonais Seibu a dû réduire de près des trois quarts son IPO, tandis que Weibo, le Twitter chinois, a révisé ses ambitions en baisse sur le Nasdaq après la correction des valeurs technologiques.
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