La Bourse de Dubaï corrige ses excès de valorisation
Depuis début juin, le marché actions a abandonné 21%. Il traite encore à 15,8 fois les bénéfices attendus, contre 11,6 pour l’indice émergents MSCI
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Alexandre Garabedian
Le marché actions de Dubaï est officiellement entré dans un «bear market». L’indice local, le DFM General Index, a plongé de près de 6,7% à 4.009 points hier après avoir cédé jusqu’à 8,7% en séance. Cet effondrement porte à plus de 20% sa correction depuis le sommet de 5.073 points atteint en clôture le 3 juin. Une respiration salutaire et qui n’est sans doute pas terminée, tant le marché semble encore survalorisé par rapport à l’ensemble de la classe actions émergentes.
L’indice est simplement revenu à ses niveaux de mars et affiche encore une hausse de près de 80% en un an. Ces dix-huit derniers mois, le pays a bénéficié d’un cadre macroéconomique favorable, de la reprise de son marché immobilier, et des perspectives soulevées par l’octroi de l’organisation de l’Exposition universelle de 2020. Le fournisseur d’indices MSCI a également annoncé en juin 2013 la promotion de Dubaï de la catégorie «marchés frontières» vers celles de marchés émergents, effective en mai 2014.
Des rumeurs de licenciements massifs chez Arabtec, le plus gros constructeur des Emirats arabes unis, auraient attisé hier le mouvement vendeur. Mais ce dernier a commencé début juin, en l’absence de catalyseurs pour une poursuite de la hausse. «Lors de l’inclusion dans le MSCI, on a vu arriver des flux passifs sur le marché, mais pas de flux actifs», rappelle aussi un gérant spécialisé sur la région. Marché volatil, Dubaï pâtit en outre du fait qu’il est largement dominé par les particuliers. «Beaucoup d’entre eux investissent avec du levier grâce au financement des banques, poursuit le même gérant. La correction les a contraints à des appels de marge, ce qui nourrit la baisse des cours. On peut aussi penser qu’à l’approche du ramadan cet été, certains particuliers ont préféré solder leurs positions».
Malgré la baisse de 21% en trois semaines, les actions de Dubaï se paient encore 15,8 fois leurs résultats annuels estimés, alors que le forward PE de l’indice MSCI Emerging Market est de 11,6. Trop cher, estime la banque privée d’ABN Amro. La correction des excès de valorisation «pourrait encore durer quelques jours, voire quelques semaines», prédit le gérant. Une mauvaise nouvelle pour Emaar, le géant des centres commerciaux, qui a annoncé le mois dernier un projet d’introduction en Bourse sur le Dubai Financial Market pour septembre.
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