La Bolivie réussit son grand retour sur le marché obligataire
L’Amérique latine a le vent en poupe. Hier soir, la Bolivie est revenue sur le marché obligataire pour la première fois depuis près de 100 ans en émettant 500 millions de dollars à 10 ans. Selon IFR, les investisseurs auraient souscrit à l’émission, orchestrée par Bank of America et Goldman Sachs, à hauteur de 1,5 milliard de dollars. Le rendement consenti de 4,875% est en outre inférieur aux 5% ciblés dans les documents préliminaires, et deux fois moins important que celui de 10,99% que paye son voisin vénézuélien sur son obligation souveraine de maturité équivalente. Si le Venezuela est moins bien noté, à B+, que la Bolivie, à BB- par S&P, le rendement consenti par ce dernier reste bien inférieur aux 6,11% que paye la Serbie qui bénéficie pourtant d’une notation identique.
A 2,686%, le Brésil avait déjà obtenu le rendement le plus faible de son histoire lors d’une émission de 1,25 milliard de dollars le mois dernier. Le rendement moyen des obligations souveraines des pays émergents est tombé à 4,59% la semaine dernière, soit son plus faible niveau historique, selon l’indice EMBI calculé par JPMorgan Chase. Des niveaux qui traduisent l’appétit actuel des investisseurs pour les obligations qui possèdent un rendement attractif dans un contexte de faiblesse durable des taux en Europe, aux Etats-Unis et au Japon.
Le taux offert par le gouvernement bolivien est ainsi 306 points de base au-dessus du rendement des obligations d’Etats américaines de même maturité. Fitch et S&P ont relevé la note bolivienne cette année citant la hausse des réserves internationales qui couvrent plus de 100% des dépôts du système financier du pays et 50% de son PIB. La dette publique est tombée à 31% du PIB, et ce dernier par tête a plus que doublé entre 2005 et 2011. La croissance devrait dépasser les 5% en 2012 pour la troisième année consécutive et a été en moyenne de 4,7% depuis 2005.
«Cependant, le taux actuel ne compense pas la prime de risque à laquelle consent l’investisseur sur une première émission qui n’a pas d’historique sur la fiabilité de l’emprunteur concernant le remboursement de sa dette» alerte Siobhan Morden, responsable de la stratégie sur la région Amérique latine chez Jefferies. En outre, Edwin Gutierrez, gérant chez Aberdeen Asset Management, estime que la politique de nationalisation de la Bolivie est identique à celle de l’Argentine ou du Venezuela qui payent des rendements deux fois supérieurs.
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