La BoJ tente de calmer les tensions sur les taux japonais
Les taux japonais sont sous tension relative. Après avoir passé plus de deux mois en territoire négatif, le rendement des emprunts d’Etat (JGB) à 2 ans reste positif depuis le début du mois. Le taux 10 ans s’est tendu, lui, de 18 pb en un mois, et a presque doublé pour remonter à 0,37%. Il est ainsi passé pour la première fois au-dessus du rendement du Bund allemand, qui bénéficie de l’annonce du QE de la BCE. Le spread à 2 ans contre le Schatz a continué de baisser de 7 pb pour tomber à -25 pb. La hausse a néanmoins été moins forte qu’aux Etats-Unis, le spread contre Treasuries s’écartant de 12 pb sur la partie 2 ans.
«Les taux japonais ont augmenté rapidement. Les investisseurs institutionnels nippons, craignant des risques résiduels après le choc provoqué par la Banque de Suisse mi-janvier, ont réduit les investissements en JGB», indique Citigroup. Le montant des transactions brutes de JGB a reculé à 145.000 milliards de yens en janvier, au plus bas depuis un an, après 184.000 milliards en décembre. «Après la hausse des rachats d’actifs de la BoJ en octobre, la volatilité du marché constatée récemment pourrait perdurer compte tenu du fait que la BoJ est en train de siphonner la liquidité du marché», précise CA CIB.
Après s’être montré hésitant, le gouverneur de la BoJ, Haruhiko Kuroda, a réaffirmé la semaine dernière à l’issue de la réunion mensuelle de l’autorité qu’elle se tient prête à assouplir davantage la politique monétaire si nécessaire. Un engagement qui a permis de faire revenir l’indice de volatilité «JPX JGB Futures» à 3,35% en fin de semaine dernière. Il avait dépassé le seuil des 4% en début de mois pour la première fois de mi-2013. Si le yen a regagné plus de 10% contre euro et 2,5% face au dollar depuis son point bas de début décembre dernier, il s’est néanmoins stabilisé depuis début février.
«Les investisseurs institutionnels tels que les compagnies d’assurance ou les banques devraient envisager de revenir vers les obligations domestiques lorsque les rendements auront retrouvé le niveau précédant le lancement du QE2 de la BoJ (0,45% sur le 10 ans). Même s’ils ne peuvent satisfaire leurs exigences de rendement, ils reviendront à la réalité vu la faiblesse des taux américains et européens», estime Citigroup qui anticipe une hausse du yen. CA CIB ajoute que les investisseurs pourraient se porter vers les maturités plus longues pour trouver du rendement.
Plus d'articles du même thème
-
La gestion du risque climatique de HSBC vivement contestée
Un consortium d’investisseurs alerte sur la sous-évaluation du risque climatique de la banque britannique. -
La stratégie GP Stake de BNP Paribas AM Alts prend une minorité du capital de Committed Advisors
Le véhicule dédié rachète une participation de 5,9% dans la société de gestion spécialisée dans le private equity secondaire mid-market auprès de Wendel, le nouvel actionnaire majoritaire. Son portefeuille compte désormais sept gérants. -
AllianceBernstein liquide son hedge fund multi-stratégies Arya
La société de gestion quantitative américaine AllianceBernstein (AB) a fermé son hedge fund multi-stratégies global AB Arya en raison d’un manque de taille critique, rapporte Bloomberg. -
State Street IM et PIF dévoilent un ETF actif sur les actions saoudiennes
Le fonds souverain saoudien PIF a investi 100 millions de dollars dans le véhicule. -
Ondo Finance et Clearstream dessinent un cadre réglementé pour les actifs tokenisés
Ondo Finance, Clearstream et 360X, la plateforme de négociation d'actifs numériques de Deutsche Börse, s'associent pour connecter les marchés financiers traditionnels à l'infrastructure onchain, construite sur des blockchains publiques. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- UniCredit lance ses premiers ETF en partenariat avec BNP Paribas AM
- Stéphane Vonthron : «La qualité de l’écoute est clé pour un commercial»
- La forêt française, un actif réel en voie de reconnaissance
Contenu de nos partenaires
-
Traversées irrégulières de la Manche : un nouvel accord franco-britannique conclu
Paris - Un nouvel accord pour tenter d’empêcher les traversées clandestines de la Manche a été conclu entre les autorités françaises et britanniques. Mais ces dernières ont soumis une partie de leur financement à l’efficacité des mesures mises en place pour retenir les candidats à l’exil. Après plusieurs mois d'âpres négociations, les deux pays ont trouvé un terrain d’entente pour reconduire durant les trois prochaines années le traité de Sandhurst. L’accord bilatéral signé en 2018, qui avait été reconduit une première fois en 2023, s’achevait en 2026. «Pour la première fois», le financement des autorités britanniques, qui pourra aller jusqu'à 766 millions d’euros sur trois ans, comprend «une part flexible» évaluée à 186 millions d’euros, conditionnée à l’efficacité des mesures pour empêcher les personnes migrantes de rejoindre irrégulièrement leur territoire. Seuls 580 millions d’euros sont donc assurés d'être versés par Londres. Ce seul montant représente toutefois déjà une hausse, puisque le Royaume-Uni avait contribué à hauteur de 540 millions dans le cadre du précédent plan. Si les nouvelles mesures n’apportaient pas de «résultats suffisants, sur la base d’une évaluation annuelle conjointe, le financement sera réorienté sur de nouvelles actions», précise la feuille de route consultée par l’AFP. Selon les chiffres officiels des autorités britanniques, 41.472 personnes ont rejoint irrégulièrement le Royaume-Uni sur des petites embarcations en 2025. Ce chiffre est le deuxième plus élevé depuis le début de ces traversées en 2018. Au moins 29 migrants sont morts en mer en 2025, selon un décompte de l’AFP à partir de sources officielles françaises et britanniques. Du côté français, on souligne que depuis le début d’année, les arrivées au Royaume-Uni ont diminué de moitié comparé à la même période de l’année dernière. Quelque 480 passeurs ont également été arrêtés en 2025, selon le ministère de l’Intérieur. Ce nouvel accord dont les détails seront évoqués lors d’un déplacement jeudi sur le littoral français des ministres de l’Intérieur des deux pays, prévoit d’augmenter de moitié les forces de l’ordre. Les effectifs seront ainsi portés à quelque 1.400 agents d’ici 2029. Une unité de CRS, financée par la France, sera également dédiée à la lutte contre l’immigration clandestine et s’accompagnera du déploiement de drones, hélicoptères et moyens électroniques pour «mieux prévenir les tentatives de traversées», et réduire le nombre de départs en particulier des «taxi-boats». La collaboration entre le Royaume-Uni et la France a «déjà permis d’empêcher des dizaines de milliers de traversées», a souligné le Premier ministre britannique Keir Starmer dans un communiqué. «Cet accord historique nous permet d’aller plus loin : en renforçant le renseignement, la surveillance et la présence sur le terrain afin de protéger les frontières britanniques», a-t-il ajouté. Noyades Les forces de l’ordre sont régulièrement accusées outre-Manche de ne pas en faire assez pour retenir ces embarcations de fortune qui prennent de plus en plus de risques pour éviter les contrôles sur les plages en embarquant directement en mer. En effet, selon le droit international de la mer, une fois qu’une embarcation est à l’eau, les autorités ne peuvent intervenir que pour sauver des personnes de la noyade. «Une grande partie des moyens prévus dans ce partenariat sera concentrée dès le début de l'été et durant la période estivale» qui est traditionnellement la période propice aux départs, précise la feuille de route. A quelques semaines d'élections locales, présentées par beaucoup comme cruciales pour son maintien à Downing Street, le gouvernement travailliste de Keir Starmer, qui a promis de «reprendre le contrôle des frontières», est sous pression du parti d’extrême droite Reform UK de Nigel Farage. L'été dernier un nouvel accord, dit «un pour un», a été signé entre les deux pays pour tenter d’endiguer ces traversées. Il prévoit le renvoi en France de migrants arrivés irrégulièrement au Royaume-Uni, en échange de l’accueil légal par ce pays de migrants se trouvant en France. Mais il n’a concerné jusqu’à présent que quelques centaines de personnes. Jeudi, les ministres de l’Intérieur, français Laurent Nuñez, et britannique Shabana Mahmood, doivent notamment se rendre à Loon-Plage près de Dunkerque sur le chantier de construction d’un Centre de rétention administrative (CRA) où seront détenus les étrangers visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en vu de leur expulsion. «Cet accord historique empêchera les migrants illégaux d’entreprendre ce périlleux voyage et mettra les passeurs derrière les barreaux», a déclaré Mme Mahmood avant sa signature. Estelle EMONET © Agence France-Presse -
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il