La BoJ joue sa crédibilité sur sa capacité à contenir la hausse des taux
La Banque du Japon (BoJ) ajuste sa stratégie à la marge face à la hausse des rendements. Son comité de politique monétaire a décidé de maintenir le rythme de son programme de rachat d’actifs visant à doubler sa base monétaire en deux ans. Le ton affiché dans le communiqué est résolument plus optimiste, la BoJ indiquant que «l'économie japonaise a commencé à rebondir» et que «certains indicateurs suggèrent une hausse des anticipations d’inflation».
Les autorités misent notamment sur la dépréciation du yen pour soutenir l’activité. Hier, la devise nippone a atteint face à l’euro son plus faible niveau depuis janvier 2010, et affiche un recul de 16% depuis le début de l’année. Depuis octobre 2012, le cours du yen en termes réels a baissé de plus de 20% par rapport aux principaux partenaires commerciaux du Japon.
Si la BoJ a indiqué que les exportations s’approchaient de la reprise, ce rebond est contrebalancé par le renchérissement des prix à l’importation qui a creusé le déficit commercial à 879,9 milliards de yens au mois d’avril. Les importations ont ainsi connu, à 9,4% sur un an, une accélération plus forte que celle des exportations, à 3,8%. Malgré un dollar qui cotait en moyenne 96,01 yens en avril, contre 82,31 yens un an plus tôt, l’économie japonaise enregistre son dixième mois consécutif de déficit, du jamais vu depuis 1980.
Tokyo table également sur un choc de confiance des consommateurs lié à la hausse de l’indice Nikkei qui a atteint hier son plus haut niveau depuis décembre 2007. L’effet richesse semble en revanche «plutôt limité, car les ménages japonais n’investissent pas plus de 7% de leurs actifs en actions», comme l’explique JPMorgan AM.
Mais c’est la hausse du rendement des obligations d’Etat japonaises (JGB) qui concentrait l’attention des investisseurs, dans la mesure où le maintien des taux à un faible niveau constitue l’axe central de la stratégie de la BoJ. Son gouverneur a indiqué hier que la banque continue de surveiller de près la hausse des JGB et ajustera de manière flexible ses rachats de titres ainsi que ses opérations d’open market. Il compte en outre rencontrer les investisseurs sur ces titres le 29 mai.
L’intervention la semaine dernière visant à injecter 2.800 milliards de yens sur le marché monétaire n’a pourtant eu qu’un effet de court terme. Le taux à 10 ans s’est envolé cette nuit à 1% après les propos de Ben Bernanke (lire page 2). Afin de calmer les tensions, la BoJ a été contrainte d’intervenir en rachetant sur les marchés pour 110 milliards de yens de JGB avec des maturités résiduelles de moins d’un an. De quoi faire retomber le taux 10 ans à 0,95% ce matin.
Plus d'articles du même thème
-
Les plateformes de streaming vidéo, désormais mécènes incontournables du cinéma tricolore
Cannes accueille le plus grand festival de cinéma au monde depuis le mardi 12 mai, ainsi qu'un imposant marché du film. Netflix, Amazon et consorts s’imposent maintenant de plus en plus dans les financements des films, y compris français, dans un marché en pleine concentration et bousculé par l'intelligence artificielle. -
La famille Seydoux devra payer le vrai prix pour son offre publique de retrait sur Gaumont
Contrainte par l’AMF de déposer cette OPR, la famille offre 90 euros par action. Un prix qui ne semble pas validé par l’expert indépendant. La note en réponse, pourtant attendue le 6 mai, n’a toujours pas été publiée. -
La mauvaise passe de l’industrie du 7ème art fragilise les banques du cinéma
Confrontées à la baisse des investissements des chaînes de télévision, celle-ci étant combinée aux difficultés économiques des distributeurs et des producteurs, les banques du cinéma se retrouvent dos au mur. -
La Banque Populaire veut aider les PME à devenir ETI
Ce programme baptisé Spinnaker d'une durée de trois ans a pour vocation d'accompagner des PME à fort potentiel dans leur accélération vers le statut d'ETI. -
Stellantis et Dongfeng relancent leur coentreprise chinoise DPCA
Si l'accord concerne à ce stade le seul territoire chinois, il pourrait être le prélude à un autre partenariat en Europe où Stellantis cherche des solutions pour certaines de ses usines confrontées à des surcapacités. -
Le sort de SFR prendra quelques semaines de plus
Les discussions avec Bouygues, Orange et Free sont prolongées jusqu'au 5 juin, ont annoncé vendredi matin les quatre parties prenantes à l'opération de plus de 20,3 milliards d'euros.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- Indosuez Wealth Management se lance à son tour sur le segment des ETF
- Bruxelles poursuit l'assouplissement des exigences ESG
- Le directeur général d’Amundi Technology part prendre les rênes d’Aztec
- Bertrand Merveille : «BDL Capital pourrait battre cette année ses records d'encours et de collecte»
- Emergence accueille cinq nouveaux investisseurs institutionnels
Contenu de nos partenaires
-
Quand Emmanuel Grégoire donne raison à #SaccageParis
Le successeur d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris a choisi de ne pas nommer d'adjoint au Patrimoine, lui préférant le « design et à l’esthétique » en décrétant un « droit au beau » dans tous les quartiers -
Ca débordeMaroc : un risque croissant d’inondation
Avec le réchauffement climatique, le Maroc risque d’être de plus en plus confronté à une alternance de sécheresses extrêmes et d’épisodes de fortes pluies -
Troisième acteVotre bilan retraite est-il encore à jour ? Pourquoi 2026 est l'année pour le refaire
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle