La BoJ fait face à une intense pression du pouvoir politique japonais
La BoJ a tenu bon. Sous la pression de Seiji Maehara, nouveau ministre des Finances très engagé en faveur d’une politique monétaire plus agressive, et présent à la réunion du comité de politique monétaire, la Banque du Japon a finalement décidé d’observer le statu quo à la fois sur ses taux, situés dans une fourchette de 0% à 0,1%, ainsi que sur son programme de rachats d’actifs, maintenu à 80.000 milliards de yens (800 milliards d’euros).
Menacé dans son indépendance par Seiji Maehara qui militait vendredi pour que l’autorité monétaire poursuive «un assouplissement monétaire vigoureux pour atteindre l’objectif de prix qu’elle s’est elle-même fixé», son gouverneur Masaaki Shirakawa a rappelé que la politique monétaire est appropriée et reste accommodante. Et de souligner des signes encourageants sur la demande intérieure soutenue par la demande de reconstruction, et sur l’investissement des entreprises grâce à l’augmentation globale des résultats des sociétés.
L’adjudication vendredi de 2.110 milliards de yens d’obligations à 10 ans a d’ailleurs attiré un ratio de couverture de 3,4 fois, le plus élevé depuis mai. De quoi consentir un rendement moyen de 0,767%, le plus faible depuis 2003.
Mais la lutte de pouvoir entre le pouvoir politique et monétaire pourrait bien s’avérer contre-productive. Et notamment pour le yen qui reprenait 0,4% contre dollar à 78,3 à la suite de l’annonce, les marchés espérant un nouveau geste après les 10.000 milliards consentis il y a deux semaines. «Les marchés vont penser que la coordination entre les deux instances est rompue», estime Credit Suisse.
Malgré la fermeté de la BoJ, la récession annoncée par Morgan Stanley et Credit Suisse sur les deux prochains trimestres devrait reporter la pression au 30 octobre prochain. «Il y a une forte probabilité pour un assouplissement à la prochaine réunion», estime BNP Paribas. D’autant que la BoJ a donné des signes en ce sens en estimant que l'économie japonaise était en phase de stagnation, avec des exportations et une production industrielle pénalisées par le ralentissement accéléré des économies étrangères.
BNP Paribas table sur «une augmentation des rachats d’actifs de 10.000 milliards de yens avec un recentrage sur les actifs risqués». Seiji Maehara a prôné des rachats d’obligations étrangères. Une solution qui nécessiterait cependant l’adoption d’une loi spécifique.
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