La BoJ évoque un ralentissement « considérable » de l'économie japonaise
Pour le gouverneur par intérim, Masaaki Shirakawa, les ajustements nécessaires sur le marché des devises prendront du temps
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Alexandre Boksenbaum
Est-ce pour rassurer les marchés ? Montrer qu’elle continue d’exister, même sans dirigeant officiel à sa tête ? Ou tout simplement pour donner des orientations sur l’économie du pays ? Toujours est-il que les responsables actuels de la Banque du Japon (BoJ) sont intervenus devant la chambre basse du Parlement pour faire le point sur la situation économique du pays.
Tout d’abord, Masaaki Shirakawa, le gouverneur par intérim de la BoJ, a déclaré que la banque centrale allait poursuivre ses achats d’emprunts d’Etat au même montant et à la même fréquence que ce qu’elle fait actuellement. Toutefois, le remplaçant de Toshihiko Fukui, a précisé que ces interventions n’étaient en rien destinées à apporter un soutien à la politique fiscale du gouvernement et n’affecteraient pas les taux d’intérêt de long terme.
Le gouverneur adjoint, Kiyohiko Nishimura, a pour sa part évoqué le ralentissement «considérable» que l’économie japonaise enregistrait actuellement. Il a averti les députés présents que si cela continuait, il faudrait agir avec «flexibilité». Masaaki Shirakawa, a précisé que le Japon devait faire face à de nombreux risques parmi lesquels, le ralentissement économique mondial, la crise financière et la hausse des prix de l’énergie. De fait, la banque du Japon, a-t-il indiqué, va désormais devoir tenir compte des risques de moyen-long termes pesant sur l’économie de l’Archipel.
En outre, Kiyohiko Nishimura a rappelé qu’en raison de leur aversion pour le risque, les investisseurs préféraient rester à l’écart d’un secteur financier affecté par la crise du subprime. L’adjoint de Masaaki Shirakawa a également évoqué les effets d’un tel comportement sur l’économie réelle.
Kiyohiko Nishimura a aussi estimé que la croissance de la consommation constituait la principale priorité pour l’économie nippone sur le long terme. Même s’il admet que, dans un premier temps, il convient de stabiliser la croissance des investissements, devenus très volatils. Le gouverneur par intérim a déjà pris la mesure de sa fonction en cherchant à raisonner les acteurs intervenant sur le marché des changes. Il a ainsi rappelé que les fondamentaux du dollar, comme monnaie de référence dans les échanges internationaux, demeuraient. Masaaki Shirakawa pense néanmoins que les ajustements, bien que nécessaires, sur le marché des devises devront se faire de façon ordonnée et que cela prendrait du temps.
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