La BoJ est sous pression pour augmenter ses rachats d’actifs
Les économistes tablent sur un doublement des rachats d’ETF d’ici à juin, alors que deux conseillers de Shinzo Abe l’exhorte à agir dès mai
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Patrick Aussannaire
Combien de temps la BoJ pourra-t-elle tenir sans avoir à augmenter la taille de son programme de rachats d’actifs (QE)? Si l’autorité japonaise a une nouvelle fois laissé intacte hier sa politique monétaire à l’issue de sa réunion mensuelle, une enquête menée par Bloomberg auprès de 36 économistes montre que le marché anticipe un doublement des rachats d’ETF d’ici le mois de juillet prochain à 2.000 milliards de yens.
Une telle décision permettrait «d’envoyer le message que la BoJ est présente pour soutenir l’activité lorsqu’elle ralentit», estime ainsi Yoshimasa Maruyama, chef économiste chez Itochu.
Citigroup révèle en outre que le professeur Koichi Hamada, l’un des conseillers les plus proches du Premier ministre, a indiqué lors d’une conférence organisée par la banque que l’économie nipponne continuait de souffrir d’un important «output gap». Cela nécessiterait une augmentation du QE de la BoJ qui pourrait intervenir dès le mois prochain. Une opinion partagée par le deuxième conseiller de Shinzo Abe, Etsuro Honda. Koichi Hamada a réitéré l’importance du mécanisme de transmission de l’assouplissement monétaire au marché actions et à l’affaiblissement de la devise qui permettent des effets richesse sur la consommation et un soutien aux exportations.
La dernière enquête Tankan publiée la semaine dernière a révélé que les grandes entreprises japonaises prévoient une forte baisse de l’activité au prochain trimestre, suite à la hausse de la TVA à 8%. La BoJ a conservé hier son optimisme quant au redressement progressif de l’économie japonaise, tout en prenant soin d’ajouter qu’il serait soumis à des fluctuations du fait de la hausse de TVA. La baisse des importations a permis au Japon d’enregistrer un excédent courant de 612,7 milliards de yens en février, après un déficit de 1.589 milliards en janvier.
«Avec le ralentissement de l’activité attendu après la hausse de TVA, les comptes courants devraient poursuivre leur redressement. Si la BoJ hésite à assouplir davantage sa politique monétaire, le yen subira des pressions haussières», estime néanmoins Citigroup. Le yen rebondissait de 0,5% contre dollar hier et de 2% depuis vendredi, à 102,51.
Côté titres d’Etat (JGB), les investisseurs étrangers ont cédé pour 351 milliards de yens d’obligations le mois dernier, soit 2.500 milliards sur douze mois glissants, justifiant un soutien de la BoJ pour conserver le rendement à 10 ans à 0,61% hier.
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