La BoJ envisage de donner un deuxième souffle à sa politique monétaire
Son gouverneur a réaffirmé sa volonté de sortir le pays de la déflation, alors que les anticipations d’inflation ont fortement décroché depuis juin
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Patrick Aussannaire
Le discours accommodant prononcé par le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ), Haruhiko Kuroda, à la réunion des banquiers centraux qui s’est tenue à Jackson Hole en fin de semaine dernière a fait dévisser le yen de 2% contre dollar, soutenu par la remontée des taux américains. Mais il également chuté de 1% contre euro, malgré les propos également très accommodants de Mario Draghi renforçant les attentes d’un déclenchement prochain par la BCE d’un vaste programme de rachats d’actifs de type QE.
Pourtant, si le yen a profité de la hausse du dollar pour céder 2,7% depuis mi-juillet et revenir à ses plus faibles niveaux depuis le début de l’année contre le billet vert, il a en revanche pâti de l’affaiblissement de l’euro en progressant de 1,4% depuis début juillet et de 5,5% depuis le début de l’année contre la monnaie unique. Depuis lundi, le yen a d’ailleurs regagné les pertes concédées en fin de semaine contre euro pour revenir à une parité de 137,13.
Haruhiko Kuroda n’a pas mentionné le taux de change comme un objectif de politique monétaire, mais a évoqué une «main visible nécessaire pour déclencher la hausse des salaires» qui permettra de faire revenir l’inflation à 2% d’ici à fin 2015. Il a en outre suggéré d’utiliser cet objectif comme base de référence des négociations annuelles de salaires au sein des entreprises, dont «le mécanisme a cessé de fonctionner correctement» sous l’effet de la période prolongée de déflation.
Les anticipations d’inflation ont pourtant fortement décroché, le point mort des obligations indexées à 10 ans chutant de 10 points de base en août et de 24pb depuis son point haut atteint en juin pour revenir à 1,15%. «Or, l’ancrage de ces anticipations autour du niveau cible de 2% constitue un élément crucial de l’Abenomics car il permettra d‘enclencher des pressions haussières sur les salaires», rappelle CM-CIC. Le consensus table sur une stabilité de l’inflation sous-jacente à 1,3% en juillet hors effets de la hausse de TVA, et Barclays sur une inflation à 1,5% mi-2015.
Dans ce contexte, Haruhiko Kuroda a rappelé que la BoJ conservera, voire allongera, sa politique accommodante pour mettre un terme définitif à la déflation. Citigroup attend ainsi l’annonce d’une rallonge du programme de rachats d’actifs début 2015, d’autant que le gouvernement a alerté hier sur l’affaiblissement de la demande intérieure suite à la hausse de TVA, mais aussi extérieure.
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