La BoE ouvre la porte à un nouveau programme d’assouplissement quantitatif
La Banque d’Angleterre est prête à jouer son rôle de sauveteur en dernier ressort. Dans son rapport trimestriel publié aujourd’hui, la BoE a ouvert la porte à un nouveau programme de «quantitative easing» en indiquant que le programme de 200 milliards de livres lancé entre mars 2009 et janvier 2010 avait eu des «effets économiques significatifs». La BoE estime que les rachats d’actifs auraient permis d’accroître le niveau réel du PIB de 1,5% à 2% sur la période, soit l’équivalent d’une baisse des taux directeurs de 1,5 à 3 points.
Elle a néanmoins reconnu dans le même temps que le programme aurait simultanément augmenté le rythme de hausse des prix à la consommation de 0,75 à 1,5%. L’inflation a atteint 4,5% au mois d’août, soit plus du double du niveau cible de 2%. L’indice des prix de détail (RPI), prenant en compte les loyers et remboursements de crédits immobiliers, a quant à lui grimpé à 5,2%. Cet indice est très surveillé en Grande-Bretagne, car de nombreux salaires, pensions et tarifs sont indexés sur son évolution.
Malgré cela, Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight, estime que «si l'économie ne montre pas rapidement de signes d’amélioration et si les marchés financiers ne se stabilisent pas, la pression sur la BoE va continuer d’augmenter et pourrait déclencher une nouvelle vague d’assouplissements quantitatifs». Chris Williamson, chef économiste chez Markit, a indiqué que «les tensions sur la situation financière des ménages reste aussi sévère que celle connue au plus fort de la récession».
Dans le même temps, le gouvernement a les mains liées à son engagement de réduire son déficit budgétaire afin de conserver sa crédibilité auprès des marchés et sa note «AAA» et ne pas risquer de voir ses taux augmenter, ce qui entrainerait une explosion de coût de la dette. D’autant que le Financial Times rapporte aujourd’hui que le déficit budgétaire 2011/2012 serait de 12 milliards plus élevé que les premières estimations, soit une hausse de 25%.
Vince Cable, secrétaire d’Etat au commerce, s’est exprimé en faveur de l’utilisation «de mécanismes créatifs destinés à stimuler le crédit au secteur privé» et de «l’activation de mesures monétaires exceptionnelles ». Et Adam Posen, colombe de la BoE, d’augmenter son estimation du montant de rachats d’obligations souveraines supplémentaire nécessaire pour relancer l’économie de 50 à 100 milliards de livres.
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